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Université de Maroua (2019)

Réhabilitation de la fertilité des sols par usage des bioressources (Crotalaria juncea L. et Brachiaria ruziziensis G.&E.) en zone cotonnière de l’Extrême-Nord, Cameroun

HINIMBIO TAIDA, Pierre

Titre : Réhabilitation de la fertilité des sols par usage des bioressources (Crotalaria juncea L. et Brachiaria ruziziensis G.&E.) en zone cotonnière de l’Extrême-Nord, Cameroun

Auteur : HINIMBIO TAIDA, Pierre

Etablissement de soutenance : Université de Maroua

Grade : Docteur/PhD en Sciences de l’Ingénieur Option : Agronomie et Biologie Appliquée 2019

Résumé
"L’abandon accru des sols agricoles observé dans le monde dû à l’érosion et à la perte de leur fertilité reste l’un des défis majeurs de l’humanité en vue de résoudre le problème de baisse des rendements des cultures et de l’insécurité alimentaire. Le présent travail est mené avec l’objectif de contribuer à la réhabilitation agroécologique de la fertilité des sols dégradés à travers l’utilisation du système de culture sur couverture végétale (SCV). Pour y parvenir, des essais ont été conduits en zone cotonnière de l’ExtrêmeNord du Cameroun (Kodek et Zouana) en bloc randomisé de Fischer à 7 traitements et 4 répétitions avec la bioressource Crotalaria juncea L. sous maïs et en milieu paysan avec Brachiaria ruziziensis sous coton impliquant 50 agriculteurs. Les caractéristiques physiques, chimiques et biologiques des sols ont fait l’objet d’analyse, tout comme les paramètres de production de la crotalaire, du maïs et du coton, couplés à une évaluation économique. L’analyse des sols montre que les 2 sites sont sablo-limoneux à 20 cm du sol et la proportion des éléments grossiers est faible à Kodek (12,90%) mais très importante à Zouana (42,03%). Les sols à Crotalaria juncea connaissent une hausse de la matière organique mais n’atteignent pas la moitié de l’idéal de 5% (1,38 à 2,09% à Kodek et 1,67 à 2,24% à Zouana) et l’activité biologique y est plus intensive. Le rapport C/N varie de 13,30 à 30,31 à Kodek et de 16,00 à 24,75 à Zouana. La CEC à pH7 varie de 12 à 13,3 méq/100 g à Kodek et de 7,6 à 12,18 méq/100g à Zouana. Il ressort aussi de cette analyse que seuls 85% de plants de crotalaire à Kodek et 75% à Zouana ont des nodosités observables, avec respectivement 6,71 et 5,60 nodosités/plant et 61,96% et 51,22% de nodosités efficaces (à leghémoglobine). On observe par ailleurs que cette crotalaire, avec une taille moyenne de 1,81 et 2,41 m ; une densité moyenne de 165503 et 170601 plants/ha ; produit en moyenne sans fertilisation une biomasse totale sèche de 19,03 et 15,74 tonnes/ha respectivement à Kodek et à Zouana. La valeur moyenne de remplacement en fertilisant azoté des exsudats du traitement crotalaire-maïs (CM) est de 40 et 38 kg N/ha ; et celle de la minéralisation partielle du mulch de la crotalaire (C) est de 196 et 184 kg N/ha respectivement à Kodek et Zouana. Des gains de rendements en SCV sont obtenus en maïs par rapport au témoin non fertilisé (N0) : en association (CM) 14,08% à Kodek (2638,63 contre 2312,87 kg/ha) et 13,89% à Zouana (2778,53 contre 2439,69 kg/ha) ; mais aussi sur mulch (C) 38,03% à Kodek (3192,42 contre 2312,87 kg/ha) et 34,72% à Zouana (3286,80 contre 2439,69 kg/ha). En milieu paysan, un gain de rendement en coton sur mulch de Brachiaria ruziziensis de 19,43% soit 1506,20 contre 1261,44 kg/ha, a été obtenu par rapport au témoin labouré. En outre, il y a une réduction du temps de travail et du coût de production en SCV et donc une hausse de la valeur ajoutée nette par rapport au témoin. Les espèces Crotalaria juncea et Brachiaria ruziziensis contribuent donc à réhabiliter la fertilité des sols dégradés et à accroître la productivité agricole. Toutefois, l’appui des pouvoirs publics et la concertation entre les acteurs sur la conservation du sol et de la biomasse permettront de vulgariser davantage ce système productif et protecteur de l’environnement."

Mots Clés : AGROECOLOGIE / BRACHIARIA RUZIZIENSIS / CAMEROUN / COTON / FERTILITE DU SOL / GRAMINEE / MAIS / REHABILITATION DES SOLS / ZONE COTONNIERE

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Version intégrale (Archives Ouvertes)

Page publiée le 19 mars 2021