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Université Sidi Mohamed Ben Abdellah (Fès) 2019

Contraintes de financement et risques de dérive de mission en micro-finance : Cas des institutions de micro-finance marocaines

Rehioui, Mourad

Titre : Contraintes de financement et risques de dérive de mission en micro-finance : Cas des institutions de micro-finance marocaines

Auteur : Rehioui, Mourad

Université de soutenance : Université Sidi Mohamed Ben Abdellah (Fès)

Grade : Doctorat 2019

Résumé
La performance des institutions de microfinance se décline en deux composantes : une composante financière et une composante sociale. Notre recherche vise à comprendre les pratiques des IMFs à travers l’étude des déterminants de la dérive de mission dans le contexte marocain. Plusieurs chercheurs ont abordé cette question (désignée par « mission drift » dans la littérature) via des designs quantitatifs en déterminant les différentes variables l’expliquant. Notre objectif dans cette recherche consiste à tester ces variables (enrichies préalablement par des variables de contexte issues d’une étude qualitative exploratoire) sur le terrain de la microfinance marocaine. En effet, nous avons abordé le terrain de notre recherche à travers une démarche mixte (qualitative et quantitative). Notre étude a porté sur un échantillon de six IMFs distinguées en deux catégories : celle des grandes IMFs et celle des petites (au nombre de trois chacune) dont nous avons analysé les données sur une période de 5 ans de 2013 à 2017. Les résultats de la recherche ont, entre autres, montré que les IMFs de grande taille sont plus sujettes à la dérive de mission que les IMFs de petite taille. En effet, les IMF de grande taille s’éloignent de plus en plus des principes de base de la microfinance solidaire et dérivent vers une logique de finance de marché. Elles s’orientent vers l’octroi de prêts individuels ciblant des clients moins pauvres, jugés moins coûteux et relativement plus rentables. Cette tendance marquée et qui prend de l’ampleur, s’explique essentiellement, selon le management des IMFs, par le recours au refinancement commercial qui les contraint à plus d’optimisation de la gestion de leurs coûts. Les contraintes de refinancement impactent donc négativement la mission sociale des IMFs marocaines et limitent significativement l’étendue de leur portée. Ceci soulève la nécessité d’autoriser les IMFs marocaines à collecter l’épargne publique qui constitue une source de financement moins chère et plus stable. Par ailleurs, la microfinance marocaine exclut de plus en plus, de son champ d’action, les femmes et les plus pauvres parmi les pauvres. Est-ce à dire que la microfinance n’arrive plus à répondre aux besoins spécifiques des plus démunis et qu’il faudrait commencer à chercher d’autres moyens pour lutter contre l’exclusion de cette tranche de la population ?

Présentation (Toubk@l)

Page publiée le 14 mai 2021