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Cartographie du génome du pois d’Angole

ICRISAT Novembre 2011

Une légumineuse multi usage très tolérante à la sécheresse, qui pourrait résoudre une partie de l’insécurité alimentaire dans les régions arides d’Afrique et d’Asie.

L’Institut de Recherche International sur les Cultures des Tropiques Semi-Arides (ICRISAT) et ses partenaires viennent de compléter la cartographie du génome du pois d’Angole, nouvelle qui vient d’être publiée en ligne sur le site de Nature Biotechnology Published online 06 November 2011

C’est la deuxième légumineuse après le soja à avoir son génome décodé, mais c’est surtout la première fois pour une plante non industrielle, et importante pour l’agriculture vivrière d’Asie et d’Afrique sub-saharienne.

Cette « première » scientifique jette une lumière sur l’intérêt de la recherche moléculaire dans la recherche agronomique pour résoudre la crise alimentaire actuelle. C’est aussi l’occasion aussi de mieux faire connaître cette légumineuse multi usage très tolérante à la sécheresse, qui pourrait résoudre une partie de l’insécurité alimentaire dans les régions arides d’Afrique et d’Asie.

Courte vidéo expliquant l’impact qu’aura cette nouvelle cartographie génomique.

Séquencage du génome du pois d’angole : impact attendu pour des millions de paysans du Sud

Malgré la valeur immense pour les paysans pauvres du Sud du pois d’angole, encore appelé pois cajan, cette plante a été auparavant négligée par la recherche agronomique.

Le pois cajan est vital pour des millions de petits cultivateurs en Asie, Afrique et Amérique Latine. Cultivé sur plus de 5 millions d’hectares, il peut pousser même quand l’eau est rare, n’a besoin que d’un minimum d’intrants, peut survivre dans des sols pauvres et toujours pouvoir produire du grain riche en protéines (plus de 20% d’où son appellation de « viande du pauvre ») ; ce qui en fait une plante légumineuse très importante pour les pays frappés par la faim et la malnutrition.

En plus de fournir de la nourriture pour les gens, les feuilles et les branches en gousses riches protéines, et vitamines A et B constituent un excellent fourrage pour les animaux. Les tiges ligneuses de cette plante sont utilisées comme bois de chauffe pour les foyers de cuisson traditionnels, pour tisser des paniers, construire des barrières ou comme matériel de construction. Des paysans en Chine cultivent le pois cajan sur des terres occultes en pente pour soutenir des efforts de reforestation et lutter contre l’érosion du sol, produisant jusqu’à 6 tonnes de bois de chauffe par hectare. Le pois cajan est aussi utilisé comme support de culture des insectes produisant la laque naturelle, qui est vendue comme teinture naturelle, en cosmétiques ou comme médicament. Les feuilles de pois cajan sont utilisées en médecine traditionnelle.

L’aspect unique du pois cajan est sa capacité à bien pousser dans des environnements très hostiles. Sa haute tolérance à la sécheresse en fait une plante précieuse dans les régions affectées par des précipitations très variables et des sécheresses fréquentes. C’est souvent la seule culture qui arrive à produire pendant des épisodes de sécheresse quand d’autres cultures comme le maïs ont desséché, comme c’est le cas dans la Corne de l’Afrique.

Cependant, les rendements de pois cajan sont souvent très faibles notamment à cause de maladies dévastatrices comme le flétrissement fusarien et le virus de stérilité de la mosaïque. La cartographie complète du génome menée par ICRISAT et ses partenaires va permettre de produire des variétés plus résistantes et aux meilleurs rendements dans les années à venir, ce qui permettra d’améliorer la sécurité alimentaire des petits cultivateurs des pays du Sud. Cela permettra aussi de mieux comprendre comment le pois d’Angole survit à la sécheresse, et peut être de transférer cette caractéristique à des légumineuses voisines comme le soja ou le niébé.

Pour plus d’information sur l’ICRISAT

Page publiée le 12 avril 2012, mise à jour le 14 avril 2012