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Université Catholique de Louvain (2006)

Caractérisation de la variabilité spatio-temporelle de la pluie au Fakara, Niger

Van Vyve Nathalie

Titre : Caractérisation de la variabilité spatio-temporelle de la pluie au Fakara, Niger

Auteur : Nathalie Van Vyve

Université de soutenance : Université Catholique de Louvain

Grade : Bio-Ingénieur 2006

Résumé
Au Sud-Ouest du Niger, dans la partie du pays qui n’est pas aride, les agriculteurs sont entièrement tributaires de l’eau de pluie pour leurs cultures. En plus des besoins en eau des cultures, la réponse à l’engrais dépend également des précipitations. Une meilleure compréhension de la variabilité pluviométrique de la région permettrait une amélioration de la gestion des risques induits par cette variabilité. L’objectif de ce travail est de caractériser la variabilité spatiale de la pluie dans une zone du Fakara de 500 km² à l’Ouest du Niger. Un réseau d’une cinquantaine de pluviomètres implanté en 2000 a permis de récolter les données pluviométriques jusqu’en 2005. L’analyse exploratoire des données a démontré que sur cette zone et sur la période 2000 à 2005, il n’y a pas de corrélation entre le nombre d’événements pluvieux total sur la saison et le cumul pluviométrique annuel. L’analyse de la corrélation entre ce dernier et le nombre d’événements pluvieux du cœur de la saison n’a pas donné de meilleurs résultats. Les analyses de la structure spatiale des hauteurs de pluie et des champs de pluie ont été effectuées grâce à des variogrammes dont les classes de distances, d’intervalles de 1,5 km, vont de 1 à 22 km. Ces analyses ont été réalisées sur les données pluviométriques brutes et transformées en prenant la racine carrée des données brutes. Ces deux jeux de données ont été analysés sous forme normalisée ou non. Différentes échelles d’agrégation temporelle, de l’événement pluvieux à la saison, ont été analysées à travers ces variogrammes. Aucune structure spatiale n’a pu être mise en évidence par les variogrammes représentant la structure spatiale des hauteurs de pluie à l’échelle événementielle si ce n’est une légère tendance linéaire croissante. Les hauteurs de pluie peuvent donc être considérées comme des variables indépendantes à cette échelle. La structure spatiale devient cependant plus significative quand le temps d’agrégation temporelle augmente. Pour les variogrammes des champs de pluie, la tendance linéaire croissante est plus marquée. Néanmoins, l’effet pépite est, dans tous les cas, très important et largement prépondérant sur toute structure spatiale proprement dite. La pluviométrie est, de ce fait, un phénomène essentiellement aléatoire au Fakara, puisqu’un effet de pépite pur représente une absence de corrélation entre les données. Certes, dans ces limites d’échelle spatiale (2 à 22 km), aucune structure n’apparaît, mais la tendance linéaire croissante peut être le reflet d’une corrélation spatiale qui serait mise en évidence grâce à des pluviomètres distants de plus de 20 km. Cette étude prouve encore une fois combien les champs de pluie au Fakara sont extrêmement variables et difficiles à prédire. Pour les producteurs sahéliens, la meilleure méthode de gestion des risques, qui découlent de la variabilité pluviométrique, pour les cultures est d’éparpiller les champs aux alentours du village.

Version intégrale (1,62 MB)

Page publiée le 27 décembre 2011, mise à jour le 25 novembre 2018