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Université Catholique de Louvain (2006)

Impact de pratiques de gestion de la fertilité sur les rendements en mil dans le Fakara (Niger)

Dandois Dutordoir Caroline

Titre : Impact de pratiques de gestion de la fertilité sur les rendements en mil dans le Fakara (Niger).

Auteur : Caroline Dandois Dutordoir

Université de soutenance : Université Catholique de Louvain

Grade : Bio-Ingénieur 2006

Résumé
Le mil (Pennisetum glaucum (L.) R. Br.) est la plante alimentaire la plus cultivée dans la zone sahélienne du Niger. La pluviométrie et la faible fertilité des sols sont les principaux facteurs conditionnant le rendement de la culture du mil. Les sols cultivés sont sableux, contiennent peu de matière organique et de phosphore disponible et ont une faible capacité d’échange cationique. La culture permanente pratiquée sans restauration de la fertilité du sol provoque une diminution rapide de la teneur en éléments nutritifs et en matière organique ainsi qu’une acidification de la plupart des sols. Etant donné le manque de disponibilité de fumier, plusieurs études ont mis en évidence que l’utilisation d’engrais minéraux, couplée à l’application d’engrais organiques est la solution phare pour satisfaire la demande alimentaire croissante sans aggraver la dépendance du pays vis-à-vis de l’aide internationale. En vue de promouvoir l’utilisation par les agriculteurs de pratiques améliorées de gestion de la fertilité des sols, il est essentiel de pouvoir établir préalablement l’impact en conditions réelles de ces pratiques sur les rendements. C’est dans cet objectif qu’un essai en milieu paysan a été mis en place pour une durée de 3 ans dans 3 villages de la région du Fakara, au sud-ouest du pays. L’essai vise principalement la validation de la technique de placement d’engrais au poquet et la caractérisation de l’impact de pratiques indigènes de gestion de la fertilité. Il combine 3 variétés de mil (locale, ICMV IS 89305 et Zatib), 3 niveaux d’application d’engrais (témoin, DAP : phosphate diammonique et DAP + urée) et plusieurs pratiques de gestion des amendements organiques (transport de fumier et parcage) ainsi que leurs effets résiduels (un et deux ans après application). Les rendements des parcelles où un parcage a été effectué dans l’année ont augmenté de 168 % (en grain) et de 176 % (en paille), tandis que la technique du transport de fumier a permis de doubler les rendements par rapport aux parcelles non fumées. L’effet du parcage sur les rendements dépend fortement de la pluviométrie utile et est marqué pendant trois saisons de culture consécutives, l’effet résiduel du transport de fumier jusqu’à la deuxième saison de culture. L’application d’engrais a permis d’augmenter les rendements en grain de 15 à 19 % mais nous recommandons l’application de DAP seul par rapport à l’application de DAP + urée car les rendements ne diffèrent pas significativement entre les deux types de fertilisation. L’effet de DAP a été d’autant plus marqué que le parcage et le transport de fumier étaient anciens. Les résultats indiquent que les agriculteurs gagneraient à appliquer DAP placé au poquet comme apport-relai en nutriments à partir de la 2ème, voire de la 3ème année après le parcage. Les variétés testées ont révélé différents avantages et inconvénients. La variété locale, sélectionnée par les agriculteurs depuis de nombreuses années et adaptée à la région, fournit les meilleurs rendements en paille. La variété améliorée ICMV IS 89305 permet une augmentation du rendement en grain de 12 % et une diminution de 10 % par rapport au rendement de la variété locale. Dans la pratique, les quantités de fumier appliquées (estimées à 18 t ha-1) sont hors de portée pour la plupart des agriculteurs sahéliens, généralement trop pauvres pour posséder suffisamment de bétail. D’autre part, les engrais importés sont chers et difficiles d’accès dans les campagnes. L’amélioration de l’accessibilité des intrants paraît essentielle pour parvenir à un accroissement durable des rendements en mil dans cette région.

Version intégrale (4,38 MB)

Page publiée le 27 décembre 2011, mise à jour le 25 novembre 2018