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CNEARC ESAT (Montpellier) 2006

Analyse comparative des pratiques d’irrigation du palmier dattier dans différents systèmes oasiens du Tafilalet, Maroc

Renevot Guénaëlle

Titre : Analyse comparative des pratiques d’irrigation du palmier dattier dans différents systèmes oasiens du Tafilalet, Maroc

Auteur : Renevot Guénaëlle

Etablissement de soutenance : CNEARC ESAT (Montpellier)

Diplôme : Ingénieur en Agronomie Tropicale, option AGIR. (2006)

Résumé
La Tafilalet, sud-est du Maroc, zone semidésertique, connaît une situation critique quant à l’accès aux ressources hydriques. Le renouvellement des eaux souterraines (puits, forage, khettara, source) est conditionné par les apports provenant des eaux de surface (barrage, crue). Hors, la sécheresse récurrente de ces trois décennies et les faibles lâchers du barrage Hassan ADDAKHIL, ont considérablement réduit la recharge naturelle des nappes phréatiques. Le recours au pompage s’est généralisé depuis les années 1980, mais les nappes phréatiques moins alimentées par les crues ont leur niveau piezométrique en baisse et leur salinité en hausse. L’irrigation par une eau fortement chargée en sels (moyenne de 7 g/l) provoque la dégradation des sols et la chute de la productivité. Dans ce contexte habituellement aride, le palmier dattier est le pivot de l’oasis (constitue la première strate), c’est lui qui permet une agriculture oasienne. Cet arbre est aujourd’hui encore mal connu et notamment ses besoins en eau d’irrigation, car il prélève une part de son alimentation hydrique dans la nappe phréatique. Une typologie de la zone d’étude, basé sur l’origine de l’eau d’irrigation et les pratiques d’irrigation met en évidence des individus et des agroécosystèmes différents du nord au sud (système de culture à une, deux ou trois strates de végétation). Dans la palmeraie traditionnelle, plus le nombre de strates de culture est important et plus l’agriculteur bénéficie d’eau en quantité. De même, la culture pratiqué est fonction de la qualité de l’eau. La performance économique des systèmes de culture est donc variable sur la zone, elle dépend de la densité du palmier dattier, des variétés produites et de l’intensité du système de culture mais aussi du coût des irrigations et donc de l’origine de l’eau et de son débit. Les systèmes oasiens qui valorisent le mieux l’eau d’irrigation bénéficient des eaux des Khettaras et de la source. De même les pratiques d’irrigation déployées, cuvette, bassin, billon, planche sont conditionnées par la culture pratiquée et l’origine de l’eau et le type d’irrigation (gravitaire, localisé). Le bilan hydrique annuel brut mesuré est globalement insatisfaisant pour la majorité des groupes étudiés. Néanmoins, les groupes les moins déficitaires en eau sont ceux situés dans la partie nord de la palmeraie traditionnelle et sur les zones d’extension. Ceux-ci bénéficient de précipitations moyennes annuelles plus importantes que les groupes situés dans la partie sud, ils disposent de stations d’irrigation " modernes ", pouvant apporter les volumes hydriques les plus proches du besoin en eau des plantes, les autres disposent d’eaux pérennes (sources), disponibles en quantités plus ou moins importantes toute l’année. Des systèmes d’irrigation économisant l’eau existent et sont fonctionnels sur la zone d’étude (irrigation en localisé avec goutteur), mais dans la palmeraie traditionnelle ils provoqueront à terme une intoxication du VII système radiculaire par une trop forte accumulation de sels, de plus, même si l’eau est de bonne qualité et en quantité suffisante pour réaliser le lessivage l’acquisition de ce genre de système d’irrigation reste encore très coûteuse. D’autres pistes de réflexion semblent possibles pour réduire une partie du déficit hydrique. Des variétés de palmiers dattiers plus tolérants à la maladie du bayoud ainsi que des cultures alternatives dont les besoins en eau sont faibles pourraient être plus intensément recherchées et développées sur la zone. De même la réhabilitation des systèmes traditionnels. Des études sont encore nécessaires afin de déterminer rapidement quels sont les choix possibles qui permettent de freiner la destruction de l’oasis. Ces choix devront rester à la portée des populations rurales, et être concertées entre les acteurs concernés, (populations rurales, ORMVA-Tf et les institutions de recherches).

Sujet : Oasis ; Phoenix dactylifera ; Système de culture ; Méthode d’irrigation ; Irrigation ; Bilan hydrique ; Gestion des ressources ; Pratique culturale ; Analyse de système

Présentation (Montpellier Sup Agro)

Page publiée le 17 juin 2014, mise à jour le 23 décembre 2017