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Institut des Régions Chaudes (Irc) Sup Agro Montpellier ; ENGEES (2012)

Gestion des khettara d’Aït Aissa Oubrahim (vallée du Todgha, Maroc) : territoire, héritage et valorisation

Rondier Anaïs

Titre : Gestion des khettara d’Aït Aissa Oubrahim (vallée du Todgha, Maroc) : territoire, héritage et valorisation

Auteur : Rondier Anaïs

Etablissement de soutenance : Institut des Régions Chaudes (Irc) Sup Agro Montpellier ; ENGEES

Diplôme : Ingénieur en Génie de l’Eau et de l’Environnement de l’ENGEES, Option DARS Parcours RESAD-GSE de l’Irc - Montpellier SupAgro (2012)

Résumé
Les systèmes oasiens de la vallée du Todgha ont été au carrefour des routes transcontinentales et ont bénéficié d’influences orientales et subsahariennes depuis des siècles. Ils constituent des îlots de verdure dans l’environnement aride du sud est marocain. Les tribus berbères ont du s’affranchir des contraintes environnementales et particulièrement du manque d’eau afin de pouvoir mener une vie sédentaire dans cette zone. Des systèmes d’extraction de l’eau ont été mis en place, les khettara, connues sous le nom de qanât en Iran et foggara en Algérie. Ces galeries interceptent un flux d’eau souterrain d’une nappe phréatique et transfèrent le débit drainé jusqu’à la sortie à l’air libre, afin d’alimenter un réseau gravitaire en surface dans l’oasis. Dans la vallée du Todgha aval, à Aït Aissa OuBrahim, la tribu des Aït Atta jouit de l’eau de ces khettara depuis des siècles. Les palmeraies d’Aït Aissa OuBrahim ne sont irriguées que par les eaux souterraines, n’ayant historiquement acquis aucun droit sur l’eau de l’oued venant des gorges du Todgha, réservées aux villages à l’amont occupés par les Aït Todoght. Les khettara doivent leur survie à une organisation sociale mise en place il y a des centaines d’années, qui régit la vie entière de chaque douar. Ces systèmes nécessitent effectivement de forts investissements humains, tant pour l’entretien que pour la répartition de l’eau mobilisée. Cette eau est distribuée à des ayants droit qui forment le groupe hydraulique des khettara. Ces droits correspondent à un temps pendant lequel l’ayant droit profitera seul de l’eau drainée par les galeries, et peuvent être acquis indépendamment ou non des terres. Une institution coutumière Jmâa est élue chaque année au sein de chaque douar afin de gérer localement ces systèmes d’irrigation. Les oasis connaissent des mutations importantes : périodes de sècheresse à répétition, croissance démographique, forte émigration, urbanisation impressionnante, multiplication du pompage individuel, désengagement de l’Etat dans l’agriculture, émergence d’organisations professionnelles qui font concurrence à la jmâa, individualisation de la société oasienne… Malgré l’attachement de toute la population aux khettara, ces changements menacent leur survie sur la zone d’étude. Cette étude permettra d’identifier les critères favorables et défavorables à la mise en place d’actions de coopération, d’entraide sur la zone afin d’assurer une gestion plus rationnelle de la ressource, des pénuries et garantir la pérennité des khettara d’Aït Aissa Oubrahim. Nous évaluerons la possibilité d’établir un « contrat de khettara », en étudiant à différentes échelles les points de vue convergents et divergents de tous les acteurs de l’eau.

Sujet : Irrigation ; Réseau d’irrigation ; Gestion des eaux ; Durabilité ; Coopération ; Participation sociale ; Contrat ; Oasis ; Maroc - Todgha

Présentation (Montpellier Sup Agro)

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Page publiée le 17 juin 2014, mise à jour le 28 décembre 2017