Informations et ressources scientifiques
sur le développement des zones arides et semi-arides

Accueil du site → Doctorat → France → 2012 → Origines, domestication et diversification variétale chez l’olivier (Olea europaea L.) à l’ouest de la Méditerranée

SupAgro, Montpellier (2012)

Origines, domestication et diversification variétale chez l’olivier (Olea europaea L.) à l’ouest de la Méditerranée

Haouane Hicham

Titre : Origines, domestication et diversification variétale chez l’olivier (Olea europaea L.) à l’ouest de la Méditerranée

Origins, domestication and varietal diversification in Olive (Olea europaea L.) in western Mediterranean area.

Auteur : Haouane, Hicham (1980-....). Auteur

Université de soutenance : Montpellier SupAgro. co tutelle Université Cadi Ayyad (Marrakech)

Grade : Doctorat : Evolution, Ecologie, Ressources Génétiques, Paléontologie : Montpellier, SupAgro : 2012

Présentation
Les oliviers cultivés et leurs parents sauvages (oléastres), représentent deux variétés botaniques de l’espèce Olea europaea, subsp. var. europaea et var. sylvestris, respectivement. Selon des études génétiques et archéobotaniques antérieures, l’existence de populations d’oléastres dans l’est et l’ouest du bassin méditerranéen remonte à avant le néolithique. La domestication de l’olivier aurait eu lieu au moins dans ces deux zones. Néanmoins, la lignée maternelle qui caractérise les oléastres de l’est de la Méditerranée est majoritaire au sein des variétés méditerranéennes. Une telle signature génétique est probablement le résultat de migrations humaines essentiellement d’est en ouest. En dépit de ces travaux, les origines et les processus de diversification à l’ouest de la méditerranée demeurent méconnus. L’objectif de cette thèse est d’étudier les origines et les processus de diversification chez l’olivier à l’ouest de la Méditerranée. Deux hypothèses sont formulées : (i) une co-existence entre variétés sélectionnées localement et variétés introduites à partir de l’est de la Méditerranée et maintenues par clonage, (ii) une sélection à partir des formes de l’est introgressées par les populations locales à l’ouest de la Méditerranée. Dans une première partie, nous avons examiné les processus de diversification par une analyse des pratiques paysannes à une échelle localisée et dans une zone d’extrême diffusion : le Maroc. Il s’agissait de comprendre comment les paysans traitent la diversité variétale dans un contexte fortement impacté par une seule et même variété, la ‘Picholine marocaine’. Sur la base d’enquêtes semi-dirigées menées auprès des paysans dans les agro-écosystèmes traditionnels et selon une approche d’ethnobiologie, nous avons mis en évidence l’importance des logiques de classifications locales (usage, origine, âge, conservation de l’huile, méthode de propagation…) dans le traitement, le maintien et la gestion de la diversité variétale. Nos résultats montrent la présence d’un système de dénomination basée sur des catégories englobantes où les types d’oliviers sont regroupés sous des noms génériques en fonction des critères socioculturels et techniques plutôt que sur des critères morphologiques. Nous avons montré que ces catégories sont définies par des contours permissifs permettant aux types d’oliviers d’être classées dans plusieurs catégories. Nous soutenons l’hypothèse que ce système de classification permet de maintenir la diversité et est une force motrice pour la diversification variétale dans ces agro-écosystèmes caractérisés par une faible diversité d’oliviers. Dans une seconde partie, nous avons examiné les processus de diversification variétale par une approche basée sur la phylogéographie à l’échelle de la Méditerranée. Les analyses génétiques des variétés méditerranéennes d’olivier basées sur l’utilisation des marqueurs microsatellites nucléaires et chloroplastiques selon une approche bayésienne montrent une structure génétique est-ouest. La plupart des variétés de l’ouest de la méditerranée ont une lignée maternelle de l’est mais un génome nucléaire proche du "pool" génétique de l’ouest de la Méditerranée, ce qui indique une sélection à partir des formes de l’est introgressées par le "pool" génétique ouest et suggère que la sélection des oliviers à partir du semis n’a pas cessé aux premières étapes de domestication. Nos analyses sur les pratiques paysannes montrant que l’oléastre issu de semis fait partie intégrante de l’agro-écosystème et fait l’objet de sélection et d’usage (greffage sur oléastre, utilisation de l’huile de l’oléastre), ce qui plaide en faveur de l’hypothèse de l’introgression. En adoptant l’approche ABC (Approximative Bayesianne Computation), nous montrons que le scénario basé sur l’introgression des oliviers de l’est par les oléastres de l’ouest est le plus probable avec une introgression.

Mots Clés : Olea europaea L. Marqueurs SSR markers Domestication Ethnobiologie ADN chloroplastique Diversification

Présentation (SUDOC)

Version intégrale

Page publiée le 30 juin 2014, mise à jour le 3 février 2017