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Université Montpellier 2 (2008)

Mutations des systèmes d’élevage ovins caprins du sud de la Tunisie, dues à l’augmentation du prix des céréales

Reversat, Sébastien

Titre : Mutations des systèmes d’élevage ovins caprins du sud de la Tunisie, dues à l’augmentation du prix des céréales

Auteur : Reversat, Sébastien

Université de soutenance : Université Montpellier 2

Grade : Master : Biologie géosciences agroressources et environnement. Parcours élevage dans les pays du sud environnement et développement (2008)

Résumé
L’élevage extensif est une des rares activités agricoles possibles en raison des conditions agro-climatiques régnant sur les plaines de l’Ouara. L’exploitation pastorale des steppes de la plaine est pratiquée depuis toujours sur des terres collectives mais elle n’est pas toujours favorisée par les politiques de l’Etat. L’augmentation des surfaces cultivées et la privatisation des terres ont restreint la taille des parcours et ont rendu impossibles les transhumances vers le centre du pays. Pour pallier le manque de nourriture, l’Etat a créé une politique de subventions de la supplémentation, augmentant ainsi de manière démesurée le nombre d’animaux présents sur l’Ouara. Actuellement, les parcours ne peuvent plus fournir une quantité suffisante de nourriture pour les animaux (surtout durant les années sèches), les éleveurs sont dans l’obligation de leur distribuer une supplémentation en quantité importante. Alors que le Sud tunisien vit une période de sécheresse depuis 4 ans, le prix des céréales destinées à la supplémentation a doublé en l’espace de deux ans, provoquant ainsi une véritable crise dans le secteur de l’élevage. Le cheptel constitue alors un capital mobilisable. Les éleveurs ne pouvant plus assumer les charges liées à l’alimentation en cas de crise, sont obligés de vendre des animaux adultes en plus des jeunes. Les répercussions sont différentes selon les catégories d’éleveurs que nous avons identifiées lors de l’enquête. 65% des grands éleveurs pratiquent généralement une activité principale différente de l’élevage et ont donc les moyens financiers pour faire face aux difficultés. Ils ont vendu en moyenne 11 % de leur cheptel adulte. 80% des moyens éleveurs sont totalement impliqués dans l’élevage. Ils ont dû vendre en moyenne 17% de leur cheptel adulte pour acheter la supplémentation. Il y a une augmentation des animaux pris en association de type khlata dans cette catégorie d’éleveurs car ils ne possèdent plus assez d’animaux pour vivre. Les petits éleveurs ont plus souffert de la crise. Ils ont vendu en moyenne 22% de leur cheptel adulte. En raison du nombre restreint d’animaux qu’ils possèdent, ils sont obligés pour vivre d’avoir une autre activité à moins d’être retraités. Ils pratiquent généralement l’élevage par passion ou par tradition. Actuellement, même en année humide, les éleveurs ne peuvent nourrir les troupeaux uniquement à partir des parcours. Le système de production d’élevage extensif traditionnel est menacé en raison de la diminution et de la dégradation des parcours, l’augmentation du nombre d’animaux ainsi que la hausse du prix des céréales. La majorité des éleveurs souhaite que l’état débloque des subventions pour diminuer le prix d’achat des céréales. Afin d’éviter le surpâturage due à une surexploitation du parcours, il apparaît nécessaire de contrôler l’évolution du nombre d’animaux élevés sur la zone. L’entretien des pistes, la création d’ombrières et de nouveaux points de vente d’aliments faciliteraient le travail des éleveurs. Par ailleurs, les mises en défens peuvent permettre une régénérescence des parcelles dégradées.

Présentation (Agritrop Cirad)

Page publiée le 23 juillet 2014, mise à jour le 25 décembre 2017