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Université Blaise Pascal (Clermont-Ferrand) 2012

La mise en tourisme d’un espace oasien fragile et marginalisé, la Région du Tafilalet dans le Sud-est marocain : Enjeux, freins et perspectives

Boukherouk, Mohamed

Titre : La mise en tourisme d’un espace oasien fragile et marginalisé, la Région du Tafilalet dans le Sud-est marocain : Enjeux, freins et perspectives

Auteur : Boukherouk, Mohamed

Université de soutenance : Université Blaise Pascal (Clermont-Ferrand)

Grade : Thèse de doctorat : Doctorat Géographie : Clermont-Ferrand 2 : 2012

Résumé
Le Tafilalet est une région du Maroc Saharien située dans le secteur sud-est, dans une zone frontalière, elle présente les signes d’un espace désertique fragile et marginalisé. Sa situation géographique, ses traits climatiques et son profil morphologique en font un espace structurellement vulnérable, qui n’offre que peu de chances au développement humain et économique. Pourtant, c’est un espace qui a pu briller et voir une période d’essor durant le Moyen Age. Celle-ci a connu le développement d’une grande civilisation de l’aride, dont les traits sont encore vivants dans le système de production agropastoral oasien. Ces particularités avaient permis l’établissement d’un équilibre fragile entre l’homme oasien, ses besoins et sa demande et un milieu fragile avec peu de capacités. Un équilibre rompu, depuis, par la modernité, l’exode rural, l’urbanisation et la salarisation. Nouveau arrivé dans le système économique oasien, le tourisme s’est développé à partir du début du XXème siècle, et a enregistré une importante évolution au point de devenir la première activité économique structurée du territoire. Le désert, les dunes, la palmeraie sont les grands atouts de ce produit, qui essaie de combiner, avec l’offre originelle paysagère, une offre culturelle constituée du bâtit, de la richesse humaine et tribale tout autant que par la commercialisation du désert comme espace ludique (circuit quad, VTT…). C’est ainsi que son produit s’affranchit des spots classiques du désert (dunes et dromadaire) pour s’ouvrir à un tourisme diffus, qui explore l’arrière pays, puisant dans la multi-activité et le ludique, l’immersion dans la vie quotidienne saharienne, le partage et l’échange culturel entre touristes et habitants. L’espace de notre étude autant que le secteur saharien, en globalité, se développe touristiquement, mais dans l’anarchie et la spontanéité. Le tourisme peut se révéler comme un facteur de menace pour la nature oasienne, son paysage, ses capacités en terme d’eau et de terre et son système de production agropastoral, majoritairement, vivrier et traditionnel…La mise en tourisme devra donc être rationnelle et bien contrôlée. Le développement du tourisme au Tafilalet passerait d’abord par une stratégie de développement durable. La place de la région, de l’acteur local sont très importantes, à nos yeux. Le développement devra, en ce sens, être appréhendé dans/ et par le territoire, comme espace de vie et d’action, loin des visions sectorielles qui n’avaient fait que prévaloir les zones utiles et marginaliser une bonne partie du territoire saharien. Cette approche doit interpeller aussi les spécificités de l’espace à la fois au niveau géographique et humain et mettre au centre de ses préoccupations la contrainte naturelle autant que la fragilité et la vulnérabilité environnementales… Des éléments qui ne peuvent être dissociés de la grande problématique du développement humain. Ce dernier est soulevé dans la thèse à travers la mise en lumière de l’importance de la participation citoyenne, déjà active et qui compte déjà plusieurs expériences à son actif. Le besoin de l’empowerment ou du renforcement de ses capacités, par la formation et le financement, est aussi soulevé pour révéler l’importance d’une action qui est déjà en germe et qui a besoin de soutien et d’accompagnement. En somme, le développement touristique dans les espaces sahariens, comme nous l’avons étudié à travers le cas de la région du Tafilalet, devrait rendre à l’homme oasien la place qu’il se doit d’occuper comme acteur dans son propre espace, à travers une stratégie de tourisme durable où le spatial autant que l’humain, l’économique et l’environnemental sont pris en considération. De fait, dans cet espace fragile et vulnérable les considérations environnementales et humaines sont aussi importantes que les variables de rentabilité, et devraient être au centre de toute réflexion sur le développement touristique territorial.

Mots Clés : Développement durable — Tourisme — Aspect environnemental – Tourisme — Aspect économique — Tafilalet (Maroc) — Tourisme saharien — Espace aride — Patrimoine oasien

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Page publiée le 2 novembre 2014, mise à jour le 13 décembre 2016