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Université de Montréal (2006)

Crise économique, pauvreté et dynamique des solidarités chez les catégories sociales moyenne et populaire a Dakar (Sénégal)

Dime, Mamadou dit Ndongo

Titre : Crise économique, pauvreté et dynamique des solidarités chez les catégories sociales moyenne et populaire a Dakar (Sénégal)

Auteur : Dime, Mamadou dit Ndongo

Grade : Doctor (PhD) Sociologie 2006

Université de soutenance : Université de Montréal (Canada)

Résumé
Notre recherche a pour objet l’étude des dynamiques de pauvreté et de solidarité dans le contexte de crise économique sévissant depuis les dernières décennies à Dakar au Sénégal. Elle repose sur une démarche qualitative, ainsi que sur une approche théorique ancrée dans l’approche en cours d’émergence d’une « sociologie de la nouvelle individualité africaine ». Prenant appui sur des matériaux discursifs issus d’entrevues individuelles et d’entretiens de groupe dans deux sites différenciés de la ville de Dakar, notre étude s’est attachée, dans un premier temps, à faire ressortir les incidences de la crise économique et des mesures d’austérité qui l’ont accompagnée sur l’évolution des conditions de vie de Dakarois appartenant aux catégories sociales moyenne et populaire qui ont payé, dans les villes africaines en crise, un lourd tribut à la détérioration de la conjoncture économique. Le basculement dans la précarité de la catégorie sociale moyenne et la paupérisation grandissante frappant des ménages d’un quartier populaire de la banlieue dakaroise ont été les deux points focaux de notre démarche de documentation des formes de marginalisation socio-économique à l’œuvre dans la capitale sénégalaise. Pour chacune des catégories sociales visées par notre étude, nous avons mis en lumière le processus de dégradation des conditions de vie, ainsi que les figures sociales symbolisant la chute dans la précarité. Nous avons aussi mis en évidence les « points de rupture » considérés par les personnes interrogées comme « déclencheurs » et/ou « accélérateurs » d’une dynamique d’entrée dans une vie faite de manques, de privations, de besoins non résolus et d’attentes déçues et, cela, en distinguant les perceptions des jeunes et de celles des aînés. Au terme de cet éclairage sur la généralisation de la précarité qui révèle l’acuité des contraintes économiques vécues par les catégories sociales moyenne et populaire, nous proposons, dans un second temps, un examen des solutions individuelles et collectives d’adaptation à la précarité et à la pauvreté. Les réactions à la crise, ainsi que les mécanismes d’atténuation des changements imposés par l’entrée dans la précarité s’organisent autour de l’expansion d’une « culture de la débrouille et du bricolage ». Les stratégies pour « vivre et survivre » face à la précarité ont pris notamment la forme de l’adoption de nouvelles habitudes de consommation dans des domaines variés (alimentation, éducation, santé, habitat, transport), une mise en commun des ressources des familles et une mise à contribution des membres capables d’amener des revenus additionnels et/ou de compensation diversement acquis dans l’univers urbain dakarois. Elles se sont aussi exprimées à travers une présence accrue des femmes sur le marché du travail et leur prise importante de responsabilités dans la gestion de l’économie domestique ; la recherche de stratégies de compensation à l’affaiblissement du revenu chez les pères de famille. Chez les jeunes, les solutions adaptatives à la précarité ont été structurées autour de l’instauration d’une intense solidarité au sein du groupe de pairs dénommée « social living » (garçons) et du recours à la « ruse » ( mbaran ) et aux « boulots de survie » (filles). Comme notre étude le montre, la solidarité est au centre des stratégies des ménages, tout comme des individus. Aussi un intérêt particulier est-il ici porté à la configuration et à la recomposition des solidarités communautaires dans un contexte de crise économique persistante. Ce sont les défis posés par la détérioration du contexte économique et les mutations sociales liées à la reproduction des solidarités communautaires qui ont été examinés dans la troisième partie de notre étude. A ce stade, l’analyse des entretiens a été organisée autour de trois éléments témoignant de la place centrale occupée par les solidarités communautaires ; leur structuration différentielle selon les catégories sociales, le genre et la génération et ; enfin, une mise à l’épreuve des solidarités porteuse de nouvelles dynamiques de solidarité. Celles-ci ont notamment trait au renforcement de la solidarité dans l’espace conjugal, à un renversement des flux de solidarité entre les « générations de la crise » et les « aînés sociaux », ainsi qu’à des discours critiques à même de déboucher sur une remise en cause de certains aspects des solidarités communautaires.

Mots-clefs : Crise économique, pauvreté urbaine, relations de solidarité, stratégie de survie, catégorie sociale, Sénégal

Présentation

Version intégrale (13,61 Mb)

Page publiée le 5 mars 2007, mise à jour le 15 septembre 2017