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Université Constantine 1 (2014)

Étude du mode de tolérance de Thymus algeriensis et Artemisia herba alba aux sols métallifères dans la zone minière du Djebel Hamimat (Oum el Bouaghi)

Mebirouk, Oumeima

Titre : Étude du mode de tolérance de Thymus algeriensis et Artemisia herba alba aux sols métallifères dans la zone minière du Djebel Hamimat (Oum el Bouaghi)

Auteur : Mebirouk, Oumeima

Université de soutenance : Université Constantine 1 (ex Mentouri)

Grade : Magistère 2014

Résumé
Dans la région du Djebel Hamimat une exploitation ancienne, à ciel ouvert, du minerai d’antimoine a généré d’importantes quantités de déblais ayant entraîné la contamination de toute la région environnante. Celle-ci renferme souvent des concentrations élevées non seulement du métal exploité mais aussi d’autres métaux lourds. Du fait de la toxicité élevée du milieu, très peu de plantes parviennent à s’établir sur ces déblais de mine. L’étude de l’impact d’une telle contamination sur la végétation en place, par Rached-Mosbah et Gardou (1988) ont mis en évidence l’existence de plusieurs espèces capables de se développer sur les milieux les plus toxiques. Parmi celles-ci, Artemisia herba alba Asso. et Thymus algeriensis B. et R. (deux espèces médicinales et fourragères) s’étaient avérées en mesure de prélever des concentration relativement élevées d’antimoine (Rached-Mosbah et al., 1992). Cependant, ces deux plantes n’ont fait l’objet d’aucune analyse chimique pour la détermination de son mode de tolérance vis-à-vis d’autres métaux lourds (Cd, Pb, Zn et Cu). Dans notre étude, il s’avère que les deux plantes étudiées peuvent absorber d’importantes quantités d’éléments traces métalliques (Cd, Pb et Zn) dans leur partie aérienne et peuvent avoir des facteurs de bioaccumulation très proches ou supérieurs à 1, en particulier pour le Cd et le Pb. Ces derniers suggèrent que Thymus algeriensis et Artemisia herba-alba résistent à la présence abondante de ces éléments traces métalliques dans leurs rhizosphères, soit en les excluant de leurs organes aériens (cas du zinc) soit en les y acceptant et donc en les accumulant (cas du cadmium et du plomb). En ce qui concerne le cuivre, il s’avère que les deux plantes présentent une carence en ce métal dans leurs organes aériens, qui serait peut être la conséquence d’un antagonisme avec les concentrations élevées du sol en Zn (forte inhibition du transfert du Cu par le Zn). Enfin, nous pouvons retenir à travers cette étude que la détermination du mode de tolérance (accumulation ou exclusion) de ces deux espèces à la présence de métaux lourds en excès dans les sols métallifères permet d’envisager leur utilisation pour la remédiation des sols pollués par les métaux en question. Cependant, il apparaît que Thymus algeriensis, du fait qu’elle soit en mesure de se développer sur les sols les plus chargés en métaux lourds serait plus appropriée pour un tel objectif. Il peut également être envisagé d’améliorer son facteur de bioaccumulation, lors d’expérimentations ultérieures, par l’ajout d’engrais ou de chélates. Il serait également intéressant d’étudier le mode de translocation de ces métaux ou d’autres éléments traces métalliques ainsi que les stratégies adaptatives mises en place par ces espèces au niveau cellulaire et moléculaire.

Mots clés : Métaux lourds Mines sols métallifères contamination/pollution plante accumulatrice Thymus algeriensis Artemisia herba alba.

Version intégrale

Page publiée le 17 février 2015, mise à jour le 17 janvier 2018