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Institut Agronomique et Vétérinaire Hassan II (2015)

Etude de la diversité du blé dur (Triticum turgidum ssp.) et de sa gestion à la ferme dans deux agro-écosystèmes traditionnels marocains (Pré-Rif et montagnes de l’Atlas)

CHENTOUFI Lamyae

Titre : Etude de la diversité du blé dur (Triticum turgidum ssp.) et de sa gestion à la ferme dans deux agro-écosystèmes traditionnels marocains (Pré-Rif et montagnes de l’Atlas)

Auteur : CHENTOUFI Lamyae

Université de soutenance : Institut Agronomique et Vétérinaire Hassan II

Grade : Doctorat 2015

Résumé
Dans les agrosystèmes traditionnels, les cultures ne cessent d’évoluer sous une combinaison de pressions humaines et environnementales. Une meilleure compréhension des processus et des mécanismes sous-jacents de la dynamique de la diversité des cultures dans ces agrosystèmes est cruciale pour soutenir la sécurité alimentaire et l’autosuffisance des agriculteurs. L’espèce étudiée dans ce travail est le blé dur, qui constitue un aliment de base au Maroc. La diversité de cette culture est menacée d’érosion en raison de la concurrence des variétés modernes de blé dur et du blé tendre. La première partie de l’étude a été menée dans deux agrosystèmes traditionnels distincts, le Pré-Rif et les montagnes de l’Atlas. Cette étude s’est appuyée sur les enquêtes auprès de 264 agriculteurs. Ceci a permis de définir l’importance du blé dur dans les deux régions, d’estimer la diversité variétale, de comprendre l’organisation, la gestion et la perception des agriculteurs de cette diversité et de leurs variétés, ainsi que de déterminer l’importance des variétés modernes dans ces agrosystèmes. Dans le Pré-Rif, 19 variétés ont été identifiées (dont cinq à dénomination moderne). Les variétés traditionnelles et modernes les plus fréquemment cultivées sont Guemh lehmar (21.5 %) et Karim (37.4 %) ; respectivement. Les variétés modernes prennent de plus en plus de place dans le paysage agricole et sont intégrées dans les pratiques traditionnelles de production de semences, de sélection et d’échanges. Le renouvellement de semences est fréquent dans les exploitations de cette région. Dans les montagnes de l’Atlas, 14 variétés ont été identifiées (dont 3 modernes). La variété traditionnelle la plus cultivée est Ifermourgh (30.7 %). Les variétés modernes sont très peu utilisées (1.5%). Le renouvellement de semences est moins rapide. Dans les deux régions, les agriculteurs distinguent les variétés modernes des traditionnelles du blé dur ; ces dernières étant appréciées pour leurs caractéristiques qualitatives. Cette première étude a permis la description de la diversité existante dans son contexte géographique, environnemental, culturel et socio-économique. La deuxième et la troisième partie de l’étude, se sont focalisées sur la région du Pré-Rif. Une caractérisation des populations collectées dans la région a été réalisée au moyen de neuf descripteurs agro-morphologiques et de cinq traits de la qualité technologique du grain. Une large variabilité phénotypique a été constatée ainsi que des différences très hautement significatives intra et inter variétales en se basant sur les traits de qualité technologique. La distinction entre variétés modernes et traditionnelles a été observée pour tous les traits. Aucun regroupement de populations du même nom variétal n’a été établi, ce qui montre que le système de nomenclature adapté par les agriculteurs n’est pas suffisant pour discriminer la diversité réelle. Les données de cette étude laissent conclure que les agrosystèmes considérés sont des entités hétérogènes et dynamiques, et malgré l’existence d’une variabilité considérable au sein de la culture du blé dur, beaucoup de facteurs limitent la culture des variétés traditionnelles ; induisant ainsi l’érosion de la diversité du blé dur, même dans les agrosystèmes traditionnels. Cette étude ouvre la voie à de nouvelles recherches plus ciblées et à une étude de la dynamique temporelle pour mieux comprendre l’érosion qui intervient. Elle peut être considérée comme une étude de base pour l’étude d’autres agrosystèmes et pour d’autres cultures.

Présentation : Revue Marocaine des Sciences Agronomiques et Vétérinaires

Page publiée le 6 octobre 2015, mise à jour le 3 janvier 2018