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Institut Agronomique et Vétérinaire Hassan II (2002)

Vers une pollinisation raisonnée du melon (Cucumis melo L.) cultivé sous tunnel plastique à l’aide de l’abeille domestique (Apis mellifera intermissa L.)

SAREHANE Mohammed

Titre : Vers une pollinisation raisonnée du melon (Cucumis melo L.) cultivé sous tunnel plastique à l’aide de l’abeille domestique (Apis mellifera intermissa L.).

Auteur : SAREHANE Mohammed

Université de soutenance : Institut Agronomique et Vétérinaire Hassan II

Grade : Doctorat 2002

Résumé partiel
Le suivi de la pollinisation du melon sous tunnel plastique par les abeilles domestiques durant cinq années dans la région du Souss-Massa a permis de dégager de nombreuses observations importantes en vue d’une meilleure pollinisation de la plante. L’étude du comportement alimentaire des abeilles du rucher durant une année a montré que la majeure partie du pollen récolté par les abeilles a pour origine des plantes spontanées. Le pollen du melon n’a été récolté qu’en des proportions très faibles (0 à 1,9%). L’installation des ruches à l’emplacement même de la culture a limité fortement la concurrence entre les fleurs du melon et celles du milieu. Aussi bien en hiver (melon précoce) qu’au printemps (melon tardif) la différence de rendement entre une plante pollinisée et une plante non pollinisée par les abeilles est très élevée. Elle est de l’ordre de 2,6 kg par plant en hiver et 2,8 kg au printemps. Rapportée à l’hectare cette différence devient 47,1 tonnes en hiver et 49,6 tonnes au printemps. Pour le melon précoce, les effets qualitatifs des abeilles sur la production ont été significatifs au niveau du nombre de fruits par plant (3,3 fruits par plant pour le tunnel en pollinisation forcée contre 4,5 pour le tunnel non pollinisé), du taux de sucre par fruit (11,7% pour le tunnel en pollinisation forcée contre 7,2% pour le tunnel non pollinisé), le nombre de graines par plant (549 graines par fruit pour le tunnel en pollinisation forcée contre 73 pour le tunnel non pollinisé) et enfin la fermeté des fruits (512 g/cm2 pour le tunnel en pollinisation forcée contre 412 g/cm2 pour le tunnel non pollinisé). Les effets quantitatifs et qualitatifs des abeilles sur les productions ont été plus importants sur le melon tardif que sur le melon précoce. Le melon précoce (hiver) et le melon tardif (printemps) différent au niveau de la physiologie florale, la dynamique du pollen et l’activité des abeilles visitant les fleurs. Pour la physiologie florale, la différence se manifeste d’abord au niveau du rapport fleurs mâles/fleurs hermaphrodites (FM/FH), qui est de 3,7 en hiver et de 9,8 au printemps, puis au niveau de la déhiscence des anthères. Cette dernière se fait plus tard dans la journée pour atteindre son maximum à 15 h pour le melon précoce alors qu’elle a lieu tôt à 12 h pour le melon tardif. Ces différences ont pour conséquences une abondance et une disponibilité du pollen pour les abeilles plus favorables au printemps pour le melon tardif qu’en hiver pour le melon précoce. La dynamique de transfert du pollen diffère entre l’hiver et le printemps au niveau de ces trois composantes qui sont : la production, le transport et le dépôt du pollen. En hiver, les nombres moyens de grains de pollen par fleur produits sont de 6236 et 13209 respectivement pour les fleurs mâles et les fleurs femelles. Au printemps les productions sont significativement plus élevées et atteignent 8167 grains pour les fleurs mâles et 18510 pour les fleurs femelles. Le transport du pollen, examiné sur la base de l’étude qualitative des charges polliniques des abeilles, a été significativement plus favorable au printemps qu’en hiver. En effet, la charge pollinique moyenne d’une abeille en hiver est de 5496 grains alors qu’au printemps elle est de 8182. En outre, le dépôt du pollen par les abeilles sur les stigmates des fleurs est plus important au printemps (2093) qu’en hiver (1207).

Présentation : Revue Marocaine des Sciences Agronomiques et Vétérinaires

Page publiée le 5 octobre 2015, mise à jour le 12 janvier 2018