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Institut Agronomique et Vétérinaire Hassan II (2002)

Gestion intégrée de l’eau des huileries d’olives

MONCIF Mohamed

Titre : Gestion intégrée de l’eau des huileries d’olives

Auteur : MONCIF Mohamed

Université de soutenance : Institut Agronomique et Vétérinaire Hassan II

Grade : Doctorat 2002

Résumé
Le présent travail vise le développement et la mise en oeuvre d’une procédure de gestion intégrée de l’eau dans les huileries d’olives en vue d’optimiser la consommation d’eau propre, de réduire le volume d’eau résiduaire dénommée margines et de promouvoir le traitement et la valorisation de cette dernière. La procédure établie consiste à :- Évaluer l’impact de la pollution générée par l’industrie oléicole.- Entreprendre avec les industriels les pratiques adéquates de gestion de l’eau.- Mettre en oeuvre un procédé de traitement et de valorisation des margines.- Concevoir et réaliser un dispositif pilote de traitement et de valorisation des margines. Les analyses physico-chimiques effectuées avant, pendant et après la campagne oléicole (1998/99) montrent que l’eau du moyen Sebou est sensiblement polluée par l’eau de l’oued Fès quelque soit la période de l’année. Cependant, celle-ci est nettement perçue pendant la campagne oléicole. En effet, la DCO enregistrée pendant cette période au niveau de Kariat Ba Mohamed, situé à 90 km de Fès, a été comprise entre 144 et 300 mg O2/l, valeur jugée très élevée pour une eau de surface. Le diagnostic détaillé du processus d’extraction de l’huile menée au sein de trois unités utilisant le système continu à trois phases révèle les faits suivants :
- La consommation totale d’eau propre enregistrée est de l’ordre de 1 à 1,2 m3/t d’olives. Ce taux élevé, d’environ 40 à 50%, est essentiellement engendré par l’opération de lavage des olives. Le volume total d’eau usée rejeté est de l’ordre de 1,5 m3/t d’olives, soit un dépassement de l’ordre de 33%.
- Les voies de pertes d’huiles sont au nombre de trois : les eaux de lavage, les grignons et les margines. Les pertes correspondantes dépendent de la qualité des olives, du taux des impuretés et de la conduite des opérations de trituration. La synthèse des résultats obtenus à ce niveau, nous a permis d’envisager quatre projets de prévention de la pollution : révision du système de transport et de lavage des olives, recyclage des margines, conception des bassins de décantation et de déshuilage des margines et enfin concentration thermique des margines. Les deux premiers projets peuvent être réalisés sans grande dépense et à court terme. Les caractéristiques physico-chimiques des margines (pH 4,8 ; DCO = 180 g O2/l ; PPH = 7 g/l) montrent que la digestion anaérobie seule ne saurait suffire à leur épuration. C’est pourquoi, on s’est proposés de combiner des traitements physico-chimiques et/ou biologiques aérobies au traitement anaérobie. Trois matériaux argileux locaux (Dehs, Tirs et Marne) ont fait l’objet d’une optimisation de leurs aptitudes à réduire la MST, la DCO et les PPH des margines. Les essais réalisés montrent que les taux de réduction augmentent progressivement avec la quantité du matériau argileux utilisé et que le Dehs présente les meilleures réductions de la DCO et de la MST. La meilleure réduction enregistrée sur la DCO 33%, pour une DCO initiale de 85 g O2/l, a été obtenue après ajout de 70 g de Dehs par litre de margines et une agitation pendant 90 minutes. L’ensemencement des margines ayant une DCO initiale de 51 g O2/l et une concentration en PPH de 6,2 g/l, par une combinaison de deux isolats de levures, avait présenté une réduction moyenne de l’ordre de 50% après 10 j de traitement. Les essais de culture des moisissures sur margines solidifiées ont fait apparaître une importante bioconversion des PPH (90%). Seulement, leur culture en milieu liquide pose des problèmes de développement en profondeur. Les meilleurs résultats obtenus après la digestion anaérobie sont ceux où les margines avaient subi un traitement par le Dehs du Gharb suivi par un traitement aérobie utilisant la levure Candida magnolia En travaillant avec des margines ayant une DCO initiale de 181 g O2/l, un taux de MST de 77 g/l et une concentration en PPH de 7 g/l, les taux de réductions moyens réalisés se situent entre 63 et 66%. Le volume de biogaz produit après épuisement des margines est de l’ordre de 245 l/kg de MSV digérée. Dans le cadre de ce travail, on a également conçu et réalisé une unité pilote de traitement et de valorisation des margines regroupant les différents traitements expérimentés au laboratoire. Le pilote est actuellement en phase d’essais

Présentation : Revue Marocaine des Sciences Agronomiques et Vétérinaires

Page publiée le 2 octobre 2015, mise à jour le 10 janvier 2018