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UMR Eco&Sols (France) 2010

Pratiques, faisabilité et effets d’amendements du sol avec des rameaux d’arbres dans les agricultures paysannes soudano-sahélienne

Amendement Raméaux Agriculture

UMR Eco&Sols Écologie fonctionnelle et biogéochimie des sols et agrosystèmes

Titre : Pratiques, faisabilité et effets d’amendements du sol avec des rameaux d’arbres dans les agricultures paysannes soudano-sahélienne

Pays : Burkina

Date : 2010

Contexte
Dans la zone soudano-sahélienne, la majorité de la population vit d’une agriculture à bas niveau d’intrants, qui s’appuyait traditionnellement sur la jachère pour entretenir la fertilité du sol. L’augmentation de la densité de la population détermine un raccourcissement voire une disparition de la jachère, qui s’accompagne d’une diminution de la fertilité et en particulier d’un appauvrissement du sol en matière organique, pilier essentiel de la fertilité dans ces milieux. Les ressources organiques habituellement utilisées pour restaurer la fertilité organique (résidus de culture, fumier) sont souvent peu disponibles du fait d’une forte compétition. Or l’arbre est souvent présent dans les paysages de ces régions, et les petits rameaux (diamètre < 2cm) pourraient constituer une ressource organique relativement disponible, susceptible d’amender les sols, selon une pratique imitant le fonctionnement de l’écosystème natif de savane arborée ou arbustive. Toutefois, l’amendement du sol avec des rameaux (amendement raméal) est une pratique peu développée et peu connue. Malgré quelques travaux canadiens autour des années 1990 et quelques rares travaux sous les tropiques, la pratique elle-même reste mal décrite, sa faisabilité mal évaluée, et ses effets sur les cultures et le sol mal caractérisés

Présentation
Pour évaluer l’intérêt des amendements raméaux, on propose de tester au Burkina Faso les différentes hypothèses suivantes :
* L’apport de rameaux au sol stimule les communautés fongiques, ce qui améliore l’alimentation des cultures en phosphore (P), azote (N) et eau (généralement limitants dans les sols de la région). En effet, les champignons, plus efficaces que les racines pour mobiliser P, N et l’eau du sol, vont les rendre accessibles aux racines soit pas symbiose mycorhizienne, soit lors de leur décomposition.
* Comme tout amendement organique, l’apport de rameaux enrichit le sol en matière organique donc accroît sa capacité de rétention en eau. De plus, en cas d’apport en surface (mulch), les rameaux protègent le sol contre l’impact des gouttes de pluie, ce qui diminue la sensibilité du sol au ruissellement et à l’érosion, et facilite l’infiltration donc l’alimentation hydrique des plantes, ce qui est favorable à la production agricole.
* Comme tout apport organique peu décomposable, l’apport de rameaux permet de séquestrer du carbone (C) dans le sol, donc contribue à l’atténuation de l’effet de serre.
* Ces effets et les pratiques permettant de les obtenir font l’objet d’une connaissance empirique, notamment chez les paysans de la zone soudano-sahélienne.
* La ressource raméale existante ou potentielle est suffisante pour appliquer la pratique à une part significative du système de production.

On fait ainsi l’hypothèse générale que l’amendement du sol avec des rameaux constitue une pratique d’ingénierie écologique appropriable et durable visant à stimuler la microflore fongique du sol pour améliorer l’alimentation minérale et hydrique des cultures, dans le but de stabiliser voire améliorer les rendements agricoles.

Partenaires  : IRD Montpellier ; Université de Ouagadougou ; IRD Ouagadougou ; AgroParisTech-Montpellier ; Ministère de l’environnement et du développement durable du Burkina Faso ; CIRAD-Ouagadougou

Financement : Département Ressources Vivantes de l’IRD

Source : UMR Eco&Sols (Écologie fonctionnelle et biogéochimie des sols et agrosystèmes)

Page publiée le 8 octobre 2015, mise à jour le 8 novembre 2017