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Université de Dschang (2001)

Caractérisation des exploitations agricoles en conseil de gestion de la zone cotonnière et mise au point d’une grille d’évaluation

Daouda Ousmanou

Titre : Caractérisation des exploitations agricoles en conseil de gestion de la zone cotonnière et mise au point d’une grille d’évaluation

Auteur : Daouda Ousmanou

Etablissement de soutenance : Université de Dschang

Grade : Ingénieur : Agronomie 2001

Résumé partiel
La démarche Conseil de gestion (Cdg) a été mise en oeuvre par le Pôle Régional de Recherche Appliquée au développement des Savanes d’Afrique Centrale (PRASAC) au Nord Cameroun depuis 1998. Environ 30 groupes, soit 350 paysans, participent à cette expérimentation en 2001. Cette approche de vulgarisation a pour but de susciter la réflexion des paysans en les amenant à s’interroger sur leurs pratiques, de favoriser la mesure et la prévision et d’intégrer les aspects technico-economiques dans la gestion de l’exploitation agricole. Au moment où cette démarche entame sa troisième année d’application, il est intéressant de savoir qui vient au Cdg et de déterminer ce qu’elle apporte réellement aux paysans. Trois villages représentant la diversité de la zone cotonnière ont été retenus. Au total 42 paysans ont été enquêtés à Fignolé, 24 paysans à Mowo et 38 paysans à Cékandé. Des entretiens avec les groupes de paysans et les animateurs des divers terroirs ont eu lieu. Cette étude a permis de caractériser les exploitations en Cdg, et de les comparer à la moyenne des terroirs du PRASAC. Les producteurs en Cdg sont relativement plus jeunes (39 ans contre 43 ans) et plus scolarisés (71% contre 47%). Ils cultivent des superficies plus grandes (3 ha contre 2 ha), et leurs revenus monétaires sont plus importants (570 000 Fcfa contre 370 000 Fcfa). Mais ces moyennes cachent des disparités importantes entre les exploitations participantes. Les résultats montrent que tous les types de fonctionnement d’exploitation mis en évidence par les études antérieurs sont représentés en Cdg, excepté les exploitations dirigées par des vieux. Celles en situation difficile ou précaire sont sous représentées alors que celles dégageant les meilleurs revenus (agro-éleveurs) et celles ayant des revenus extra agricoles élevés sont sur représentées. La grille d’analyse élaborée dans cette étude a été utilisée pour analyser les effets des trois thèmes de l’année 1 sur la prise de conscience des paysans, les changements de pratiques et les performances de l’exploitation agricole. Selon le module, la prise de conscience (application de la démarche) a touché de 60 à 75% des paysans en Cdg, mais aussi 50% de ceux qui ont abandonné et 10% de ceux qui ne participent pas. Cette application se matérialise par l’élaboration des programmes prévisionnels recourant à plus de mesure et de quantification. Les changements de pratiques ont touché en moyenne 40% des paysans en Cdg, mais aussi 25% de ceux qui ont abandonné et moins de 5% de ceux qui ne participent pas. Ces modifications se matérialisent par la séparation des stocks de céréales, la quantification des besoins et ressources les ajustements de superficies cultivées par rapport aux ressources disponibles. Des performances de l’exploitation ou plutôt les effets sur les modes de conduite des cultures ont été perçus par 30 à 50% de paysans en Cdg et moins de 20% de ceux qui ont abandonné. Indifféremment du thème, la non application des connaissances reçues et/ou les difficultés de changement de pratiques, seraient dues à la faiblesse des ressources monétaires et alimentaires, mais aussi au poids des habitudes et à une attitude dominée par le fatalisme. Les effets du Cdg sont également perceptibles sur d’autres exploitations du même village.

Présentation (AGRITROP – CIRAD)

Page publiée le 4 janvier 2016, mise à jour le 25 février 2020