Informations et ressources scientifiques
sur le développement des zones arides et semi-arides

Accueil du site → Doctorat → Belgique → Stratégies innovantes d’adaptation à la variabilité et au changement climatiques au Sahel : cas de l’irrigation de complément et de l’information climatique dans les exploitations agricoles du Burkina Faso

Université de Liège (2016)

Stratégies innovantes d’adaptation à la variabilité et au changement climatiques au Sahel : cas de l’irrigation de complément et de l’information climatique dans les exploitations agricoles du Burkina Faso

Zongo, Bétéo

Titre : Stratégies innovantes d’adaptation à la variabilité et au changement climatiques au Sahel : cas de l’irrigation de complément et de l’information climatique dans les exploitations agricoles du Burkina Faso

Innovative adaptation strategies to climate variability and change in the Sahel : Case of supplemental irrigation and climate information in agricultural farms of Burkina Faso

Auteur : Zongo, Bétéo

Université de soutenance : Université de Liège — Institut International d’Ingénierie de l’Eau et de l’Environnement (2iE) Burkina Faso (co – tutelle)

Grade : Docteur en Sciences Agronomiques et Ingénierie Biologique de l’Université de Liège 2016

Présentation
Dans les pays sahéliens, les agriculteurs, la communauté scientifique, les Etats et leurs partenaires sont à la recherche de nouvelles pratiques agricoles pour faire face aux conséquences des poches de sécheresse aggravées par les changements climatiques. Afin de contribuer à relever ce défi, cette étude s’est intéressée à la problématique de l’adoption des innovations agricoles dans les zones sahélienne et soudano-sahélienne du Burkina Faso. Parmi les innovations prometteuses, l’étude a exploré les possibilités de diffusion de la pratique de l’irrigation de complément à partir de bassins individuels (ICBI) et d’utilisation de l’information climatique (IC) dans les exploitations agricoles. La démarche adoptée au cours de cette étude a consisté à collecter des données auprès d’un échantillon de ménages agricoles à travers les enquêtes et à conduire des expérimentations sur la pratique de l’ICBI et sur l’utilisation de l’IC en agriculture pluviale. Outre les statistiques descriptives usuelles et les analyses de variances, le modèle Logit multinomial a été utilisé pour analyser les déterminants de la diffusion des innovations agricoles. Les facteurs d’acceptabilité de l’ICBI dans les exploitations agricoles ont été déterminés à partir du modèle Logit binaire. La rentabilité économique de la pratique de l’ICBI a été évaluée. Le modèle de sélection d’Heckman associé à l’approche d’évaluation contingente a été employé pour analyser le consentement des ménages à utiliser l’IC. Des simulations ont été réalisées à partir d’un modèle bioéconomique afin de proposer des mesures techniques et politiques pour contribuer à faciliter l’adoption de ces innovations agricoles. L’étude montre qu’au terme des quatre décennies de diffusion, le taux d’adoption est de 69,3% pour les cordons pierreux, 49,1% pour le zaï, 39,1% pour les semences améliorées et 26,2% pour les bandes enherbées. Le taux d’adoption des autres innovations (demi-lunes, diguettes, paillage) est inférieur à 10%. Selon l’analyse des facteurs explicatifs, les faibles niveaux d’organisation et d’accès des agriculteurs aux services des agents de vulgarisation constituent les contraintes significatives à l’adoption de ces innovations agricoles. La majorité des ménages (78,4%) estime que la pratique de l’ICBI constitue une alternative intéressante pour atténuer les effets des poches de sécheresse sur la production agricole. L’évaluation agronomique montre que la pratique de l’ICBI permet d’accroître le rendement du maïs de 1,08 T/ha (88,3%) comparativement à la situation sans irrigation. Le surplus de production de maïs obtenu avec cette pratique peut combler les besoins céréaliers mensuels de 17 personnes et dégager une marge brute de 178 483 F CFA par campagne agricole. L’estimation de la valeur actuelle nette, du taux interne de rentabilité, du délai de retour sur investissement et de la marge nette montre que la rentabilité de la pratique de l’ICBI dépend du type de bassin construit. Par ailleurs, la majorité (93%) des ménages estime avoir besoin de l’IC pour orienter leur prise de décisions. Environ 64% des ménages consentiraient à payer pour en bénéficier. Les expérimentations montrent que le surplus de production du maïs et sorgho obtenu à partir de l’utilisation de l’IC satisfait les besoins céréaliers mensuels de 7 personnes en moyenne par rapport aux prévisions saisonnières traditionnelles. Les simulations indiquent que la pratique de l’ICBI en année moyenne permet d’accroître le revenu espéré de 26,5% (133 030 F CFA) comparativement à la situation sans irrigation. Les politiques agricoles de vulgarisation examinées concernent six modalités de subvention et l’instauration d’un système d’octroi de crédit aux ménages pour le financement de l’ICBI. La mise en oeuvre de ces politiques contribuera à faciliter l’adoption de l’ICBI à grande échelle. Les acteurs de la recherche-développement devraient expérimenter la combinaison de l’ICBI et de l’IC.

Mots clés : Adoption des innovations ; Irrigation de complément ; Information climatique ; Poches de sécheresse ; Agriculture pluviale ; Besoin céréalier ; Modèle bioéconomique ; Modèle économétrique ; Burkina Faso — Innovation adoption ; Supplemental irrigation ; Climate information ; Rainfed agriculture ; Dry spells ; Cereal needs ; Bio-economic model ; Econometric model ; Burkina Faso

Présentation (ORBI)

Version intégrale (5,56 Mb)

Page publiée le 14 septembre 2016, mise à jour le 27 janvier 2017