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Centre National d’Études Agronomiques des Régions Chaudes (CNEARC) 2005

Analyse des contraintes à la réhabilitation du périmètre irrigué de Tarrafal, Ile de Santiago, Cap-Vert

BAUDOUX Laetitia

Titre : Analyse des contraintes à la réhabilitation du périmètre irrigué de Tarrafal, Ile de Santiago, Cap-Vert

Auteur : BAUDOUX Laetitia

Etablissement de soutenance : Centre National d’Études Agronomiques des Régions Chaudes (CNEARC)

Diplôme : Mémoire ESAT 2. Diplôme d’Ingénieur en Agronomie Tropicale (DIAT) option AGIR 2005

Résumé
Pays pauvre et à déficit vivrier, le Cap-vert bénéficie du Programme Spécial pour la Sécurité Alimentaire (PSSA) proposé par la FAO et mis en Ouvre par les institutions locales capverdiennes. Partant du constat que les résultats obtenus par les projets atteignent rarement leurs objectifs, le programme a mis en place une composante visant à analyser les contraintes des producteurs afin de comprendre les raisons de ces décalages et de les supprimer. Cet axe d’intervention constitue l’objet de cette étude réalisée dans le périmètre irrigué de Tarrafal sur l’île de Santiago. La production agricole issue de l’exploitation du périmètre est limitée à cause du manque d’eau et de sa gestion insuffisante. En proposant l’installation d’un réseau d’irrigation au goutte à goutte et en apportant un appui technique, l’équipe du PSSA vise à augmenter la productivité agricole et de ce fait les revenus et la sécurité alimentaire des porteurs de projet. Or, trois ans après le début du projet, le système d’irrigation n’est installé que sur la moitié de la surface du périmètre. L’analyse des pratiques couplée à l’étude du changement technique révèle les modalités de décision de l’agriculteur et explique la diffusion partielle de l’adoption de la micro-irrigation.
L’irrigation au goutte à goutte économise l’eau et le travail. Les chefs d’exploitation en ont tiré profit contrairement aux ouvriers agricoles. Le passage d’un système dirigiste à un système autogéré a bouleversé les rapports sociaux au sein du périmètre : des conflits sont nés et se sont multipliés. La terre est devenue un objet de spéculation et remet en cause la vocation agricole du périmètre situé dans une zone péri-urbaine. La micro- irrigation répond aux besoins de la majorité des agriculteurs mais le manque d’eau et son inégale répartition menacent l’intérêt qu’elle représente. Elle ne correspond pas aux attentes de certains agriculteurs spécialisés dans l’élevage, l’arboriculture ou souhaitant rester indépendants du système d’irrigation. Les agriculteurs du périmètre n’ont pas tous les mêmes objectifs ni les mêmes stratégies. Ils sont rassemblés au sein de groupes d’intérêt qui influencent leur décision par rapport à l’adoption de la micro-irrigation. La nouvelle association a un rôle moteur dans la diffusion du changement technique ; l’isolement de certains agriculteurs témoigne de l’absence de cohésion sociale et met en péril le fonctionnement du périmètre. Les conditions du redressement de la production agricole du périmètre et de la diffusion de la micro-irrigation résident dans la consolidation de l’association des agriculteurs, la négociation de règles collectives, la conservation de la vocation agricole du périmètre et le soutien à la production agricole par les pouvoirs publics.

Mots-clés : sécurité alimentaire, évaluation de projet, contrainte, innovation, périmètre irrigué, irrigation goutte à goutte, affectation de ressource, association d’agriculteurs, durabilité, Cap Vert

Document source : Catalogue des résumés des mémoires de stage des étudiants du CNEARC (2005)

Page publiée le 24 janvier 2017, mise à jour le 22 décembre 2017