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Centre National d’Études Agronomiques des Régions Chaudes (CNEARC) 2002

Place des éleveurs non sédentaires autour des terroirs de référence du PRASAC au Nord Cameroun Cas des terroirs de Mafa Kilda et Fignole

DJIMTOLOUM Elie

Titre : Place des éleveurs non sédentaires autour des terroirs de référence du PRASAC au Nord Cameroun Cas des terroirs de Mafa Kilda et Fignole

Auteur : DJIMTOLOUM Elie

Etablissement de soutenance : Centre National d’Études Agronomiques des Régions Chaudes (CNEARC)

Diplôme : Mémoire ESAT 2. Diplôme d’Ingénieur en Agronomie Tropicale (DIAT) Option SYSTEME D’ELEVAGE ET INNOVATIO 2002

Résumé
La Province du Nord Cameroun est à vocation agricole et d’élevage et connaît depuis quelques années des aléas climatiques et une pression démographique de plus en plus forte conduisant à la saturation de l’espace. Ces évolutions font qu’agriculteurs et éleveurs cherchent constamment des stratégies d’adaptation. Ainsi, les anciens pasteurs se sont sédentarisés autour des villages d’agriculteurs. Ces éleveurs adoptent différentes stratégies à travers diverses pratiques pour conduire leurs animaux dans ce contexte de saturation foncière. II s’ensuit des relations socio-économiques parfois complémentaires, parfois conflictuelles avec les populations environnantes.
Réalisée dans le cadre du PRASAC, cette étude a pour but de compléter les diagnostics déjà réalisés sur les systèmes d’élevage. Ses objectifs sont principalement de comprendre les pratiques de conduite d’élevage des éleveurs non-sédentaires et d’étudier les relations et les interactions socio-économiques entre les agro-éleveurs sédentaires et les éleveurs non-sédentaires. Deux terroirs de références ont servi à l’étude : Mafa Kilda, en zone peuplée, et Fignolé, en zone très peu peuplée. Une enquête a été réalisée auprès de 46 éleveurs chefs de familles habitant les campements situés autour des terroirs. Des entretiens avec les agriculteurs, les autorités traditionnelles, les personnes ressources ont été aussi menées.
Ainsi, à Mafa Kilda, la sédentarisation des éleveurs date d’une dizaine d’années, suite à l’arrivée de migrants venus de zones surpeuplées de l’Extrême Nord. A Fignolé, les éleveurs viennent d’arriver, il y a cinq ans. Bien que sédentarisés, les systèmes d’élevage restent extensifs, avec les animaux toujours conduits sur pâturages naturels. La typologie a identifié trois groupes d’éleveurs. Les "éleveurs fragilisés" constituent 26% des éleveurs. Avec un cheptel de moins de 50 têtes, ils cultivent mais la production n’arrive pas à nourrir la famille. Ils se retrouvent tous dans la zone peuplée. Les "éleveurs prudents" (17% des éleveurs) sont âgés de plus de 50 ans avec une famille de taille importante et un cheptel en baisse mais dont l’effectif est supérieur à 50 têtes. A cause de la diminution de ce cheptel, ils se sont engagés dans les activités agricoles permettant de nourrir leur famille et de vendre moins d’animaux. Ils se trouvent en majorité dans la zone peuplée. Les "éleveurs aisés" (56% des éleveurs) cultivent très peu car leur cheptel est important et leur permet de vivre. Ils se trouvent en majorité dans la zone peu peuplée. En outre très peu de relations socio-économiques existent entre les agriculteurs et les éleveurs. Par ailleurs, l’élevage du gros bétail trouve difficilement sa place quand la pression démographique est forte ; la quasi totalité des éleveurs en difficulté se trouve dans la zone peuplée et leur engagement agricole est lié à la baisse de leur cheptel.

Présentation

Page publiée le 6 février 2017, mise à jour le 11 octobre 2019