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Centre National d’Études Agronomiques des Régions Chaudes (CNEARC) 1999

Contribution à l’amélioration de la gestion des feux de brousse. Etude de l’influence du feu sur l’utilisation de l’habitat par les grands herbivores (Parc National de la Bénoué, Nord Cameroun).

VERWILGHEN Aude

Titre : Contribution à l’amélioration de la gestion des feux de brousse. Etude de l’influence du feu sur l’utilisation de l’habitat par les grands herbivores (Parc National de la Bénoué, Nord Cameroun).

Auteur : VERWILGHEN Aude

Etablissement de soutenance : Centre National d’Études Agronomiques des Régions Chaudes (CNEARC)

Diplôme : Mémoire ESAT 2. Diplôme d’Ingénieur en Agronomie Tropicale (DIAT) 1999

Résumé
Le feu représente une des composantes majeures des écosystèmes de savanes. Souvent considéré comme facteur de dégradation des ressources naturelles, il reste cependant une pratique courante au sein des aires protégées. En permettant par exemple de réduire l’embroussaillement, en stimulant et en augmentant la production de fourrage ou encore en améliorant la visibilité, les feux de brousse peuvent en effet être un outil efficace dans le domaine de la conservation de la biodiversité et de l’écotourisme.
Afin d’orienter la politique de gestion des feux de brousse au sein du Parc National de la Bénoué (PNB), le projet WWF (World Wild Fund for Nature) / Savanes Soudaniennes du Nord s’intéresse à l’impact de ces feux sur le comportement des grands herbivores. Il convient en effet de comprendre dans quelle mesure la mise à feu, en modifiant la repousse et la structure de la végétation, implique une différence dans l’utilisation de l’habitat et notamment de la ressource alimentaire. A cette fin, une parcelle expérimentale d’environ 4 km² a été protégée du feu au sein de l’espace soumis à un brûlis précoce annuel. Après une caractérisation initiale de la zone d’étude et notamment la cartographie de la végétation ainsi que du dispositif expérimental, des dénombrements et des observations alimentaires ont été effectués dans les différents types d’habitats. De fait de l’abondance du cobe de Buffon (Kobus kob) dans la zone d’étude, notre travail traite principalement de cet animal.
Il apparaît que la fréquentation préférentielle de la zone brûlée par certaines espèces comme le cobe de Buffon est majoritairement dictée par la recherche de ressource de qualité, d’où l’importance du feu pour le renouvellement du pâturage et l’étalement du disponible alimentaire. Cependant la zone protégée du feu abrite des espèces inféodées aux milieux fermés, tel le guib harnaché (Tragelaphus scriptus) et joue également un rôle déterminant en tant que refuge. De plus, vu l’importance de la ressource ligneuse pour les brouteurs, il convient de ne pas négliger l’impact négatif du feu sur les ligneux à court et long terme. Nos résultats montrent également que le choix de l’habitat diffère souvent en fonction du moment de la journée. En général les zones brûlées et non brûlées sont complémentaires et une espèce n’est pas strictement limitée à l’une ou l’autre. Afin d’offrir à la faune différentes conditions écologiques et de limiter les dégâts sur la végétation, il conviendrait donc de mettre en place une mosaïque de zones brûlées et non brûlées avec une rotation dans le temps. Les modalités de gestion (fréquence et époque de mise à feu zone à mettre en défens) doivent être réfléchies en fonction des objectifs et des moyens disponibles.

Mots-clés : Nord Cameroun, Parc National de la Bénoué, aire protégée, gestion, feu, herbivore, habitat,

Catalogue des résumés des mémoires de stage des étudiants du CNEARC (1999)

Page publiée le 11 avril 2017