Informations et ressources scientifiques
sur le développement des zones arides et semi-arides

Accueil du site → Doctorat → Burkina Faso → Importance socio-économique de la chèvre du Sahel burkinabé et amélioration de sa productivité par l’alimentation

Université Polytechnique de Bobo-Dioulasso (UPB) 2008

Importance socio-économique de la chèvre du Sahel burkinabé et amélioration de sa productivité par l’alimentation

Gnanda, B. Isidore

Titre : Importance socio-économique de la chèvre du Sahel burkinabé et amélioration de sa productivité par l’alimentation

Socio-economic importance of the Burkinabe Sahelian goat and improvement of its productivity by feeding

Auteur : Gnanda, B. Isidore

Université de soutenance : Université Polytechnique de Bobo-Dioulasso (UPB)

Grade : DOCTORAT UNIQUE EN DEVELOPPEMENT RURAL 2008

Présentation

L’Afrique tropicale est une importante zone d’élevage caprin qui détient le tiers de l’effectif mondial des chèvres avec une répartition plus importante dans les régions les plus arides telles que le Sahel burkinabé. Dans ces milieux caractérisés par une grande variabilité dans le temps et dans l’espace des ressources fourragères naturelles, les chèvres ont toujours été considérées comme les animaux les plus adaptés à ces conditions précaires de production et ont été délaissées par les actions de développement. Une étude d’évaluation du rôle socioéconomique de cette espèce et des possibilités d’amélioration de son élevage au Sahel burkinabé a été entreprise. Pour le premier point, une enquête de ménages a été réalisée de manière ponctuelle auprès de 150 élevages. Pour le second point, un suivi diagnostic de la conduite et des pratiques des éleveurs en matière d’alimentation de leurs caprins, de la qualité de l’offre alimentaire des pâturages et du statut nutritionnel des animaux a été réalisé. Ce suivi a été couplé par de la conduite en station, des essais de complémentation valorisant les ressources alimentaires locales.
L’enquête socio-économique montre que les caprins représentent la base de la constitution de cheptel ruminant des éleveurs et qu’en terme de contribution à la génération de revenu monétaire des ménages, ils participent pour environ 21 % de la part due à l’élevage. En outre, ils représentent l’espèce la plus concernée par les prélèvements qualifiés de sociaux (abattages, célébrations de baptêmes et mariages, trocs, dons, dots). L’étude montre que les éleveurs de caprins du Sahel Burkinabé complémentent leurs animaux, même si cette complémentation est destinée à une frange du troupeau et qu’elle cible surtout les périodes les plus critiques de l’année, en particulier la saison sèche chaude. Les performances de reproduction et de production de lait des animaux enregistrées au cours du suivi des élevages paraissent globalement faibles comparées à celles obtenues dans d’autres contextes où les conditions d’alimentation ont été maîtrisées et rigoureusement contrôlées. De même, en dépit des compléments apportés par les éleveurs et des aptitudes des chèvres à pâturer les fourrages ligneux, des déficiences alimentaires existent par rapport à certains nutriments tels que le glucose et des oligoéléments tels le cuivre, le zinc et le manganèse. L’étude montre que les parcours ont présenté des subcarences ou des carences en oligoéléments. En matière de production de lait, le plus faible effet des alternatives alimentaires testées en station donne pour la période sèche, une quantité de lait traite supérieure de 12 % à celle traite en milieu paysan, estimée en moyenne à 123 g/jour/animal. L’effet le plus significatif de ces alternatives a permis d’avoir une quantité de lait traite qui équivaut 3 fois les 123 g de lait récoltés en milieu paysan. Lorsque les chèvres reçoivent la complémentation azotée et la complémentation minérale ensemble, les avortements sont évités (même chez les plus jeunes chèvres nullipares qui se sont montrées les plus atteintes par le problème) et les autres paramètres de reproduction (taux de fertilité, taux de mise bas, taux de fécondité, taux de prolificité et poids à la naissance) ainsi que les performances pondérales des chèvres sont améliorés.
Globalement, cette recherche a confirmé l’effet significatif des pratiques d’élevage et les tests de complémentation sur la productivité des chèvres. Néanmoins, il ressort la nécessité de mener des actions d’accompagnement en direction des producteurs et des recherches complémentaires pour mieux élucider certaines questions en suspens utiles au développement de l’élevage caprin au Sahel burkinabé.

Mots clés : Chèvre sahélienne, Elevage caprin, Sécurité alimentaire, Revenu, Pratiques de complémentation, Production laitière, Paramètres de reproduction, Avortement, Complémentation minérale et azotée, Etat nutritionnel. Burkina Faso, Sahel burkinabé

Version intégrale

Page publiée le 20 septembre 2016, mise à jour le 3 juillet 2017