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Université Polytechnique de Bobo-Dioulasso (UPB) 2012

Biologie et écologie de la reproduction sexuée d’une Caesalpinioideae (Leguminoseae) : Piliostigma reticulatum (D.C.) Hochst

Dao, Madjelia Cangre Ebou

Titre : Biologie et écologie de la reproduction sexuée d’une Caesalpinioideae (Leguminoseae) : Piliostigma reticulatum (D.C.) Hochst

Auteur : Dao, Madjelia Cangre Ebou

Université de soutenance : Université Polytechnique de Bobo-Dioulasso (UPB)

Grade : DOCTORAT UNIQUE EN DEVELOPPEMENT RURAL 2012

Résumé
Piliostigma reticulatum (D. C.) Hochst est une espèce dioïque dont les gousses principalement fourragères, sont commercialisées par les populations rurales. Cependant, la productivité des arbres et la qualité des gousses sont insuffisantes. L’étude de la forme de dioecie de l’espèce, l’organisation spatiale des mâles et femelles, le sexe-ratio dans la population, le dimorphisme sexuel des individus, l’entomofaune florale et la productivité des arbres est menée dans la population de Budtenga en zone Nord soudanienne du Burkina Faso pour mieux comprendre les mécanismes biologiques et écologiques responsables de la faible fructification de l’espèce.
Les résultats de l’étude de la dioecie ont montré la présence, d’individus à fleurs dites femelles présentant des ovaires bien développés contenant en moyenne 49 ovules, des stigmates globuleux et des étamines atrophiées sous forme de staminodes dépourvues de grains de pollen viables in vitro d’une part et d’autre part des individus à fleurs dites mâles avec des pistils à ovaire réduit, des stigmates allongés et des étamines bien développées dont les anthères contiennent des grains de pollen viables in vitro. La population de Budtenga est constituée d’individus morphologiquement hermaphrodites dont les uns assurent la fonction mâle et les autres, la fonction femelle. Il existe un dimorphisme sexuel entre mâles et femelles par rapport à la morphologie du houppier des individus, au déroulement de la floraison des individus et à l’intensité de floraison. Le sexe ratio est en faveur des femelles dans la population mais il existe des zones où la proportion de mâles et de femelles est dans un rapport de parité (égale à 50%).
La fleur de P. reticulatum est visitée par 31 familles d’insectes appartenant à 10 ordres. Characxes epijasius (Nymphalidae), Eristalis sp. (Syrphidae), Apis mellifera (Apidae), Amophilla sp (Sphecidae) et Sceliphron distillatorium (Sphecidae) sont les pollinisateurs de P. reticulatum. Apis mellifera est la seule espèce qui visite permanemment les fleurs du début à la fin de la floraison et du matin de 6h à 18h le soir.
Les résultats ont permis d’évaluer la production moyenne de gousses d’un individu à 16,5 kg ± 3,33 SE et le poids moyen d’une graine à 0,1045 g ± 0,0018 SE. L’étude de la répartition spatiale des individus mâles et femelles dans la population montre un regroupement sous forme d’agrégats dont les distances minimales entre la femelle et le mâle le plus proche varient entre 1,2 à 15 m. Plus les mâles sont plus proches des femelles moins est la production des arbres. Le taux moyen d’avortement des graines par arbre est estimé à 40% et celui de la prédation à 10%. L’étude a montré que le parasitisme des gousses et des graines est principalement dû aux insectes parasites tels que Caryedon serratus (Bruchidae) et Lepidochrysops quassi (Lycaenidae). La forte proportion d’avortement des graines s’explique par le comportement de Apis mellifera, un des plus fréquents et permanents pollinisateurs qui dissémine plus de l’auto pollen sur une espèce supposée allogame.
Les programmes d’aménagement doivent intégrer le sexe ratio et la répartition spatiale des mâles et des femelles dans leurs plans de gestion des populations naturelles pour assurer le succès de la fructification chez P. reticulatum.

Mots clés : Piliostigma reticulatum, dioecie, sexe-ratio, structure spatiale, pollinisation, dimorphisme sexuel, productivité des arbre

Version intégrale

Page publiée le 23 décembre 2016, mise à jour le 3 juillet 2017