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Université du Québec à Montréal (UQAM) (2000)

Analyse spatio-temporelle de la diversité écologique dans la perspective de gestion intégrée d’une réserve de biosphère : réserve de biosphère du W du Niger

Amadou, Seidou

Titre : Analyse spatio-temporelle de la diversité écologique dans la perspective de gestion intégrée d’une réserve de biosphère : réserve de biosphère du W du Niger

Auteur : Amadou, Seidou

Université de soutenance : Université du Québec à Montréal (UQAM)

Grade : Doctorat (Ph.D.) 2000

Résumé
En 1997, sur proposition du gouvernement nigérien, l’UNESCO classait la région du ’’W’’ du Niger en réserve de biosphère. Située dans le sud-ouest du pays, la zone déjà constituée en aires protégées (Parc national du ’’W’’ du Niger, Réserve totale de faune de Tamou, Réserve partielle de Dosso) est soumise à de multiples pressions anthropiques qui dénotent une exacerbation des conflits d’usage sur les espaces et les ressources naturelles. L’accroissement de ces pressions, et les pratiques de gestion en cours peu conservatrices de l’environnement naturel, présentent une menace constante sur la diversité biologique et conséquemment sur la viabilité de la réserve de biosphère. La création de réserves de biosphère doit répondre à cette nécessité de concilier des objectifs locaux et institutionnels trop souvent antagonistes. Elle est aussi censée apporter les corrections subséquentes aux insuffisances éprouvées par les mesures traditionnelles de conservation des écosystèmes naturels et de la diversité biologique. Le cadre écologique, et le plus souvent le cadre social demeurent insuffisamment pris en compte dans l’identification et la mise en œouvre des systèmes de gestion. Les expériences menées jusque là en matière d’aménagement et de gestion des réserves de biosphère ont porté en effet essentiellement sur les composantes biotiques des écosystèmes naturels (végétation et faune).
La présente étude est ainsi conçue pour répondre aux besoins d’informations scientifiques pertinentes susceptibles d’aider à l’élaboration de plans de gestion intégrée et durable de la réserve de biosphère et aussi pour asseoir de nouvelles approches méthodologiques applicables en zone sahélienne.
Elle a pour objectifs spécifiques 1) de produire un cadre écologique de référence d’une ’’zone représentative’’ de la réserve de biosphère, 2) d’identifier les facteurs écologiques et sociologiques expliquant l’hétérogénéité spatiale des habitats fauniques (grands mammifères) et de la diversité végétale (espèces d’intérêt local), 3) d’évaluer la capacité de support du territoire en liaison avec le cadre écologique de référence, et 4) de proposer des unités de gestion intégrée du territoire. La méthodologie d’ensemble relève des concepts et des principes de la classification et de la cartographie écologiques. En raison des objectifs poursuivis, elle a aussi comporté des analyses statistiques ainsi que des enquêtes socio-économiques. Nous avons réussi à élaborer le cadre écologique de référence du territoire par un choix raisonné de variables physiques descriptives. Un tel résultat, tout en simplifiant la méthode, conduit à ne retenir que l’information écologique la plus pertinente et qui présente le plus d’intérêt pour les interprétations.
Il est aussi mis en évidence une association étroite entre l’hétérogénéité géomorphologique du territoire (élément de conceptualisation et de définition du cadre écologique de référence) et la diversité des éléments dynamiques (utilisations, végétation, faune). Il est ainsi établi une relation entre la diversité écologique (richesse en types de milieux géomorphologiques) et la diversité dynamique. La prise en compte de cette relation est nécessaire dans la définition des stratégies de conservation à long terme des aires protégées. Ces dernières doivent en effet se concevoir autant sur la base d’une superficie suffisante que par la prise en compte de leur diversité géomorphologique. La diversité biologique totale (richesse spécifique totale), même liée aux facteurs écologiques est fortement influencée par le contexte social. Cependant contrairement à une conception bien établie par laquelle l’occupation humaine diminue la diversité biologique, il est démontré que cette diminution est sélective ; elle ne concerne pas la diversité biologique d’intérêt local, notion que nous intégrons dans cette étude.
L’accroissement des pressions exercées au niveau des aires adjacentes au noyau central qu’est le Parc ’’W’’ constitue cependant une véritable menace à long terme en particulier pour la faune. Cet accroissement a diverses origines dont les sécheresses qui entraînent une forte immigration dans ces zones. La viabilité de la réserve de biosphère semble donc dépendre plus des actions dans les zones d’émigration que des seuls projets de gestion conçus et réalisés dans ses limites. Il s’établit par ces résultats que les réserves de biosphère, même territorialement délimitées doivent être perçues dans un cadre physique et socio-économique beaucoup plus large, prenant en compte le contexte sous-régional. Ceci se justifie d’autant plus que l’équilibre nécessaire au maintien des systèmes actuels de gestion nous semble déjà rompu (diminution des superficies mises en jachère et des temps de repos) et que par ailleurs la capacité de support de la zone d’accueil est presque atteinte à moyen terme. L’étude démontre aussi la nécessité de bien définir des objectifs de gestion ainsi que des critères et des indicateurs d’évaluation afin de délimiter des unités de gestion qui intègrent autant les dimensions écologique qu’humaine. Cette délimitation repose tout d’abord sur l’évaluation des potentiels de production tels qu’exprimés par le cadre écologique de référence, la prise en compte des ressources disponibles et des attentes locales. Le découpage proposé demeure permanent tout en assurant une flexibilité en regard de l’amélioration des connaissances sur le territoire et de l’évolution du contexte.
Enfin, ces résultats permettent de conclure de la pertinence du cadre écologique de référence et de son application possible dans notre contexte d’étude, ce aussi bien dans l’évaluation écologique du territoire que dans la définition et la délimitation d’unités de gestion intégrée. Le cadre écologique de référence rend compte en effet de l’organisation spatiale du territoire et permet des interprétations qui peuvent avoir de multiples applications. Il importe cependant, dans une perspective de développement futur, de poursuivre des recherches pour asseoir un système national de classification et de cartographie écologiques sans pour autant redéfinir et re-conceptualiser tout le cheminement d’ensemble.

Présentation (Amicus)

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Page publiée le 12 février 2004, mise à jour le 7 février 2018