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Université du Québec à Montréal (2012)

Transports actifs et stratégies d’accès à l’emploi des populations des quartiers périphériques dans les villes africaines : le cas de Ouagadougou

Essone Nkoghe, Jean Pierre

Titre : Transports actifs et stratégies d’accès à l’emploi des populations des quartiers périphériques dans les villes africaines : le cas de Ouagadougou

Auteur : Essone Nkoghe, Jean Pierre

Université de soutenance : Université du Québec à Montréal

Grade : Doctorat en études urbaines 2012

Résumé
Cette thèse interroge la mobilité des populations précaires qui se déplacent pour le motif de l’emploi, entre les quartiers périphériques considérés comme étant des zones de génération des déplacements et les autres quartiers ainsi que les quartiers centraux, qui sont des zones d’attraction ou de destination des mobilités domicile-travail. Pour se rendre à leur lieu d’emploi, ces populations adoptent une mobilité active et se déplacent à pied ou à vélo. L’approche proposée dans notre thèse s’articule sur l’analyse des différentes stratégies adoptées par ces populations précaires, sachant que ces stratégies ne sont pas exclusives, mais se complètent, il s’agit de l’intermodalité, le recours aux réseaux sociaux et le choix des emplois de proximité/éloignement. Dans le cas des villes du Sud, il est nécessaire de redéfinir la mobilité des actifs précaires comme étant une « mobilité de survie ». Ils sont « mobiles malgré tout » à cause de l’adaptabilité de leurs pratiques de mobilité, dont la pénibilité est caractérisée selon notre approche par les seuils de mobilité et dépend finalement d’une combinaison de facteurs centrés sur les conditions de déplacement qui sont marquées par les contraintes extérieures sociales, politiques, économiques et environnementales. La question des mobilités éprouvantes dans notre approche confirme l’étroitesse du lien qui se dégage entre « pratiques de mobilité » et « survie des actifs précaires ». Ce lien mérite d’être analysé et nous abordons cette question à la fois sous l’angle des stratégies de mobilité et sous l’angle de la pénibilité en lien avec la mobilité de survie. L’objectif de notre thèse consiste à explorer et à documenter les différentes stratégies de mobilité adoptées par les actifs précaires à Ouagadougou au Burkina Faso en tenant compte du contexte de leur ancrage résidentiel dans les quartiers périphériques. Notre population cible est constituée par les actifs précaires âgés de 40 à 55 ans. Pour réaliser cette exploration, nous utilisons l’approche espace-temps-activités, car les besoins de déplacement s’expriment à la fois dans le temps et dans l’espace et varient selon : la position sociale de l’individu, l’âge et les modes de vie. Aussi, la mobilité des populations précaires peut être vécue de manière différente suivant le niveau de pénibilité, le contexte professionnel et le niveau des revenus. Nos hypothèses de travail prennent en compte les effets induits par les amplitudes de déplacement qui sont de proximité ou d’éloignement, sur les stratégies de mobilité. Ensuite, nous abordons la question des réseaux sociaux d’entraide qui sont « des refuges ou des exutoires » dans les pratiques de mobilité et face aux situations imprévues que nous qualifions « d’amplificateurs de pénibilité ». Le capital social constitué par ces réseaux sociaux représente un facteur décisif à la pérennisation de la situation de mobilité. Il se dégage que l’apport des réseaux sociaux d’amis et de voisinage présente un enjeu aussi considérable que celui des réseaux de famille. Nous explorons enfin la manière dont les stratégies adoptées améliorent les conditions de vie des populations. Cette thèse a également pour but d’éclairer la relation entre deux quartiers périphériques situés à des distances différentes, mais qui vivent une même intensité quant à leurs flux de mobilité par rapport aux quartiers centraux. L’un des apports majeurs de notre thèse a été l’analyse des trajectoires de vie des actifs précaires et à travers nos analyses, il se dégage qu’un événement ou une situation imprévue peuvent reconfigurer les conditions de vie et les seuils de mobilité d’un individu ou d’un ménage qui sont : la mobilité de survie, la mobilité de subsistance, la mobilité d’épargne et la mobilité d’investissement. Les différents facteurs qui peuvent contribuer à fragiliser les stratégies de mobilité sont : les facteurs de motilité (accessibilité, compétences, appréhension des opportunités) ainsi que d’autres facteurs tels que la distance des déplacements et les emplois occupés, les situations imprévues, l’aspect genre et l’aspect institutionnel à travers les politiques publiques mises en place. Nos résultats montrent qu’une harmonisation entre les stratégies et les facteurs de mobilité favorise l’amélioration des conditions de vie des ménages

Mots clés : Mobilités urbaines, mobilités actives, mobilité de survie, trajectoires de vie, quartiers périphériques, stratégies de mobilité et seuils de mobilité.

Présentation

Version intégrale (51 Mb)

Page publiée le 23 décembre 2016, mise à jour le 30 décembre 2017