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sur le développement des zones arides et semi-arides

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Univ. Paris-1 / INA PG (2005)

Etude diagnostic du système agraire de la petite côte : région de Nguekokh- Sénégal

DIARRA Abdoulaye

Titre : Etude diagnostic du système agraire de la petite côte : région de Nguekokh- Sénégal

Auteur : DIARRA Abdoulaye

Université de soutenance : Univ. Paris-1 / INA PG

Grade : DESS « développement agricole » 2005

Résumé
Une analyse diagnostic de la commune de Nguékokh et des villages environnants a été réalisée. Cette zone se situe au sud de Dakar et plus précisément dans le département de Mbour. Cinq grands phases dans l’évolution du système agraire de la zone étudiée ont été distinguées : 1. système agraire sérère ancien, marqué par une rotation biennale jachère/mil et des moyens de productions rudimentaires comme la houe manuelle. 2. Développement de la culture d’arachide et de la traction attelée, avec une rotation biennale et une augmentation des surfaces agricoles. 3. Développement de l’élevage, avec l’arrivée des peuls. 4. Programme d’ajustement du secteur agricole (PASA), marqué par une baisse dans l’utilisation des engrais et pesticides mais aussi des difficultés dans le renouvellement des outils de production, entraînant la conquête de nouvelles terres au détriment des zones de parcours. 5. Développement du tourisme et de l’urbanisation, a entraîné une baisse conséquente des zones de parcours et poussé certains éleveurs à transhumer pendant certaine période de l’année. Au sein du système contemporain, nous avons distingué six catégories d’exploitations. Les grands éleveurs qui gèrent de grands troupeaux composés surtout de zébus et de chèvres et ne pratiquent pas l’agriculture. La taille du troupeau bovin est supérieure à 100 têtes. La faible disponibilité fourragère pendant certaines périodes de l’année, les contraint à transhumer vers les régions où le fourrage est disponible. Le revenu total par actif est en moyenne de 1871741 dont 90 % est tiré de la vente de lait. Les éleveurs moyens combinent l’élevage bovin et caprin avec un système de culture hivernale basé sur la rotation biennale mil/arachide. La taille du troupeau bovin varie de 30 à 50 têtes et celle du troupeau caprin entre 20 et 50. La superficie cultivée varie de 2à 8 hectares. Dans ce système de production, le revenu total annuel par actif familial varie de 419212 à 750093 Fcfa avec une moyenne de 514168 Fcfa. Le lait représente en moyenne 62% de ce revenu, tandis que l’agriculture ne compte que pour 34%. Les petits éleveurs associent l’élevage bovin et caprin avec un système de culture basé sur la rotation biennale mil/arachide. La taille du troupeau bovin varie de 5 à 20 têtes et celle du troupeau caprin entre 10 et 15. La superficie cultivée varie de 3 à 5 hectares. Le revenu agricole annuel par actif va de 112565 à 578718 Fcfa, soit une moyenne d’environ 350010 Fcfa. Le revenu tiré du lait représente en moyenne 49% du revenu et l’agriculture 48%. Les petits éleveurs sans terre pratiquent l’élevage bovin et caprin, mais ne possèdent pas de terre. La taille du troupeau bovin varie aussi de 5 à 20 bêtes et les caprins de 5 à 10 têtes. Ils sont pour la plupart de jeunes éleveurs nouvellement installés dans la zone. La totalité de leur revenu provient du lait. En effet, le lait représente plus de 96% du revenu total qui varie entre 236385 et 507125 Fcfa par actif familial. Les petits agriculteurs disposent d’une superficie qui varie de 3 à 7 hectares et les cultures pratiquées sont le mil pour la subsistance, l’arachide pour la vente et dans une moindre importance le manioc. Le revenu total des exploitations de ce système varie de 179690 à 436460 Fcfa par actif familial avec une moyenne de 283894 Fcfa. Les grands agriculteurs possèdent une superficie qui varie entre 15 et 40 hectares et les cultures pratiquées sont surtout le mil pour la subsistance et l’arachide pour la vente. Ce sont des paysans qui ont diversifié leurs activités en investissant dans le commerce et le transport. Le revenu tiré de leurs activités est en partie investi dans du bétail permettant la thésaurisation et la constitution progressive d’un capital. La totalité du revenu provient de l’agriculture. Le revenu total par actif et par an varie de 873000 à 1943000 Fcfa avec une moyenne de 1572000 Fcfa. Le seuil de survie (besoins minimum indispensables pour faire vivre une famille) a été calculé pour une famille de quatre personnes à 545200 Fcfa par actif et par an. Cette somme est sensiblement égale au salaire obtenu par un travailleur non qualifié (540000 Fcfa) et a été considérée comme le coût d’opportunité de la force de travail. La comparaison des revenus agricoles par actif familial au seuil minimum de survie et au coût d’opportunité du travail nous a permis d’étudier l’évolution probable de ces systèmes. Elle a donc montré qu’une partie des paysans de la zone d’étude, notamment les catégories 2 à 4, ont un revenu par actif inférieur au seuil de survie. Cette situation risque de les pousser à se décapitaliser et donc, à disparaître à court terme. L’autre situation qui pourra se présenter est l’abandon de l’activité agricole pour d’autres activités beaucoup plus rémunératrices. Par contre, les autres catégories ont les moyens de se reproduire, de se développer, et pour certains d’entre eux, d’acquérir des équipements plus performants et d’investir dans des itinéraires techniques plus coûteux en intrants. Certaines interventions pourraient pourtant permettre les catégories 2, 3, et 4 de se maintenir et de s’améliorer : facilité l’accès au crédit, une politique d’intensification accompagnée par des campagnes de sensibilisation et de formation des producteurs et enfin une bonne politique de prix.

Mots clés : Analyse-diagnostic, Nguékokh, revenu, développement agricole, pauvreté, typologie, système, Sénégal.

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Page publiée le 20 mars 2017