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Université Jean Moulin (Lyon) (1996)

Evolution climatique récente et dynamique fluviale dans les hauts bassins des fleuves Sénégal et Gambie

Dione, Ousmane

Titre : Evolution climatique récente et dynamique fluviale dans les hauts bassins des fleuves Sénégal et Gambie

Auteur : Dione, Ousmane

Université de soutenance : Université Jean Moulin (Lyon).

Grade : Thèse de Doctorat : Géographie : Lyon 3 : 1996

Résumé
Ce travail porte sur l’étude du climat et de l’hydrologie des hauts bassins des fleuves Sénégal et Gambie, région de l’Afrique de l’ouest comprise entre la zone intertropicale humide guinéenne et la zone intertropicale sèche sahélienne. Cette étude comporte trois volets principaux : Le milieu géographique, espace dans lequel se déroulent les manifestations climatiques et hydrologiques, est d’abord présenté. Ce milieu géographique connaît une diversité géologique, pédologique et biogéographique où les variations du climat ont contribué à imprimer quatre grands ensembles de paysages. Sont successivement étudiés : - Le Fouta Djalon, qui occupe la partie méridionale des hauts bassins. Cet ensemble montagneux n’est pas uniforme et comprend des sommets élevés de hauts plateaux et des vallées encaissées. La lithologie est a dominante de roches métarmorphiques et éruptives. Les types de sols sont surtout lies à l’evolution géomorphologique et s’apparentent à des cuirasses, et a des sols ferralitiques. La végétation est formée par une forêt dense sur les sommets, qui se degrade sur les plateaux et se réduit à la savane dans les plaines. Le Fouta Djalon constitue la source des principaux fleuves qui drainent les hauts bassins. ’ - Le plateau Mandingue constitue la partie orientale des hauts bassins. Ensemble de paysages hétérogènes, le plateau Mandingue est essentiellement formé de grés. Les sols de ces différents paysages sont surtout à dominante de sols ferrugineux et de cuirasses. Sa végétation soudanienne est assez dense au sud. Le plateau Mandingue est travers6 par les branches mères du fleuve Sénégal. - Les pays de la Falémé et de la moyenne Gambie occupent la partie centrale et occidentale des hauts bassins. C’est un ensemble de paysages très contrastés où des régions déprimées côtoient des massifs subtabulaires. La géologie des pays de la Falémé et de la moyenne Gambie est dominée par les formations du socle et de sa couverture paléozoïque. La pédologie est à dominante de sols ferrugineux et de cuirasses avec une végétation soudanienne qui s’6Aaircit vers le nord. Les pays de la Falémé et de la moyenne Gambie sont drainés par la Falém6, la Gambie et leurs affluents. - Les plaines et plateaux du nord occupent la partie septentrionale et nord-orientale des hauts bassins. Les plaines sont aussi taillées sur la couverture du socle et débordent légèrement sur les bassins sédiimentaires. Les plateaux sont subtabulaires et dominés par les grès. Les lithosols et sols minéraux dominent dans ces deux ensembles avec une végétation très discontinue. Ces paysages qui forment le milieu géographique des hauts bassins ont une influence diverse sur l’écoulement des cours d’eau qui les drainent. Le second volet de ce travail étudie de façon aussi complete et détaillée que possible le climat de la région. Cette etude est élaborée à partir des observations et des relevés des déférents réseaux météorologiques nationaux qui se partagent les hauts bassins. Les manifestations climatiques de l’Afrique boréale sont d’abord évoquées à travers les mécanismes de la circulation généale. Les flux et les discontinuités qui déterminent les saisons de l’Afrique boréale dépendent des variations des agglutinations anticycloniques, elles-mêmes commandées par les anticyclones mobiles polaires. Les hauts bassins, n’étant qu’un cadre plus restreint, intègrent la même dynamique avec néanmoins ses nuances climatiques locales. . Sont ainsi analysés : - La pluviométrie, facteur de différenciation climatique, qui conditionne l’écoulement des cours d’eau. Ces différentes caractéristiques à travers son évolution dans le temps et dans l’espace ainsi que sa péjoration sont aussi évoquées. - Les températures de l’air et 1’évaporation qui, suivant leur évolution et leur importance saisonnière, exercent une influence sur le milieu physique et sur l’écoulement des cours d’eau. - Les autres éléments climatiques : l’humidité relative et l’insolation, facteurs qui interférent sur le rythme climatique saisonnier et l’écoulement, sont aussi analysés. Dans l’analyse climatique, certaines particularités qui peuvent être généralisés à l’Afrique de l’ouest, ressortent nettement dans les hauts bassins : - Les pluies sont d’abord plus importantes au sud-ouest des hauts bassins qu’à l’est, du fait de l’orientation du flux de mousson et de la présence d’un relief élevé. Les pluies décroissent ensuite du sud au nord, suivant la migration de l’Equateur Météorologique et la réduction de la saison pluvieuse. Les pluies connaissent enfin une baisse généralisée dans la région depuis plus de trois décennies du fait de la sécheresse. - Des températures et une évaporation, qui augmentent du sud au nord en-fonction du gradient thermique. Ces éléments climatiques connaissent aussi une évolution à la hausse l’échelle spatiale. Pour la période récente. les éléments climatiques qui exercent une ponction (températures, évaporation, insolation) connaissent un regain d’importance parallèlement à la baisse de la pluviométrie. Cette situation synonyme d’une tendance à un changement climatique nous autorise à parler de sécheresse dans les hauts bassins. Le troisième volet de ce travail étudie la dynamique hydrologique des hauts. bassins par rapport aux modifications climatiques observés. Les unités hydrologiques et leurs aspects physiques sont présentés d’abord. Les caractéristiques hydrologiques et les bilans de l’écoulement sont ensuite analysés pour mieux comprendre les caractères de l’abondance fluviale. Succédant au constat climatique, la relation pluie-écoulement détermine les ressources en eau de surface. Elle évalue comment la péjoration pluviométrique affecte le comportement hydrologique des hauts bassins à travers les débits extrêmes. Les enseignements tirés de la corrélation entre climat et eau permettent de retracer la dynamique et l’évolution récente de la sécheresse. Cette évolution se réfère à l’histoire climatique en étudiant les manifestations des paléoclimats ouest africains. Elle compare ensuite à partir des conditions dynamiques et des facteurs aérologiques les similitudes de ces deux périodes. Enfin, l’explication de la situation actuelle ouvre des perspectives sur les situations hydroclimatiques possibles, tout en rappelant les formes d’aménagement élaborées pour pallier au manque d’eau. Pour les hauts bassins, ce travail apporte des connaissances scientifiques jusque-là peu poussées. Il explique à partir des paléoclimats les causes possibles de la situation climatique actuelle. Il insiste aussi sur la nécessitt5 d’une évaluation sérieuse des ressources en eau, de sa gestion à partir d’un aménagement qui tient compte que toute mise en valeur est d’abord conditionnée par les réalités climatiques et hydrologiques. Ce travail pourrait être pour d’autres régions soumises aux mêmes indigences, une approche méthodologique dans la connaissance, l’exploitation et la gestion des ressources en eau de surface.

Mots clés : BASSIN VERSANT ; CLIMATOLOGIE ; VENT ; PLUVIOMETRIE ; VARIATION SPATIALE ; VARIATION TEMPORELLE ; SECHERESSE ; TEMPERATURE ; HUMIDITE RELATIVE ; INSOLATION ; EVAPORATION ; RESEAU HYDROGRAPHIQUE ; ECOULEMENT DE SURFACE ; PROFIL EN LONG ; REGIME HYDROLOGIQUE ; BILAN HYDROLOGIQUE ; CHANGEMENT CLIMATIQUE ; RESSOURCES EN EAU ; PALEOCLIMAT ; AFRIQUE DE L’OUEST / SENEGAL BASSIN SUPERIEUR ; GAMBIE BASSIN SUPERIEUR

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Page publiée le 5 juin 2008, mise à jour le 11 mars 2019