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Université de Liège (2016)

Aspects socio-économiques et technique de la conservation du mouton Koundoum au Niger

Hamadou, Issa

Titre : Aspects socio-économiques et technique de la conservation du mouton Koundoum au Niger

Socio-economic and technical aspects of the conservation of Koundoum sheep in Niger

Auteur : Hamadou, Issa

Université de soutenance : Université de Liège

Grade : Doctorat en Sciences Vétérinaires 2016

Résumé partiel
Le mouton Koundoum représente le principal mouton à laine du Niger et est exclusivement élevé dans les îles et sur les bords du fleuve Niger, depuis la frontière du Mali jusqu’à Niamey. Il constitue une source de nourriture et de revenus pour les agriculteurs ruraux de cette zone. Cette race est reconnue pour sa production de laine et sa remarquable adaptation à l’humidité dans la vallée du fleuve Niger. Peu d’informations sont disponibles sur les caractéristiques de cette race alors qu’on assiste à une régression drastique de son effectif. La documentation des caractéristiques d’une race est importante pour son utilisation et sa conservation. Cette étude a été entreprise pour documenter (i) le système de production et les caractéristiques morphobiométriques du mouton Koundoum, (ii) les préférences des éleveurs et leur disposition à payer ou à recevoir une compensation pour les caractéristiques des ovins, (iii) les caractéristiques de reproduction du mouton Koundoum et (iv) les points de vue des parties prenantes potentielles susceptibles de contribuer à la réussite de la gestion et la conservation de la biodiversité des animaux d’élevage au Niger. Ainsi, pour caractériser la race et comprendre son contexte de production, une enquête a été menée auprès de 104 ménages dans quatre communes le long du fleuve Niger (Kollo, Tillabéry, Say et Tera) pendant la période d’août à décembre 2011. Neuf mesures corporelles, comprenant le poids vif, ont été prises sur 180 moutons Koundoum (101 femelles et 79 mâles). L’effectif des troupeaux de moutons varie de 2 à 60 têtes, avec une taille moyenne de huit animaux et les deux tiers des troupeaux comptant moins de 10 animaux. Principalement alimentés sur les pâturages naturels, 85,6% des troupeaux reçoivent des résidus de récolte en supplément. Seul l’accouplement naturel est pratiqué par les éleveurs et les soins vétérinaires sont limités aux anti-helminthiques et à une pharmacopée traditionnelle. L’affiliation fréquente des éleveurs à des associations professionnelles apparait comme un facteur favorable à la mise en œuvre d’un programme collectif de conservation. Le mouton Koundoum est de robe blanche ou noire, avec une fréquence plus élevée pour la couleur noire (75,6%). Les pendeloques sont présentes dans les deux sexes à des fréquences similaires, d’environ 14 %. Toutes les variables biométriques sont positivement et significativement corrélées entre elles. Le périmètre thoracique montre la meilleure corrélation avec le poids vif, tant chez les mâles que chez les femelles. Trois variables ont été sélectionnées pour la prédiction du poids vif : le périmètre thoracique, la hauteur au garrot et la longueur de la croupe. Il ressort de cette étude que la conservation in situ de la race Koundoum s’annonce comme très problématique, du fait du manque d’opportunités de marché pour la laine et de disposition des petits éleveurs à élever le mouton Koundoum en race pure. Dans le but d’objectiver ce dernier frein, la seconde étude, conduite dans la même zone de septembre 2012 à février 2013, caractérise les préférences des éleveurs pour les béliers reproducteurs et aborde leur disposition à contribuer au programme de conservation du mouton Koundoum à travers leur appréciation quantifiée des principales caractéristiques phénotypiques de la race. L’outil de l’empilement proportionnel est utilisé d’abord dans 11 groupes de discussion focalisée réunissant des éleveurs autour de la question des principaux critères de sélection de béliers reproducteurs. La méthode d’analyse conjointe multi-attributs est ensuite appliquée avec 168 propriétaires de moutons. L’estimation économétrique de la fonction d’utilité des éleveurs est réalisée avec un modèle logit conditionnel et la disposition à payer est calculée par le rapport entre chaque coefficient d’utilité des caractères et de l’attribut monétaire. Les résultats révèlent un fort rejet par les éleveurs des caractéristiques comme la laine et la robe noire et montre ainsi la faible acceptabilité d’un programme de conservation in situ. Quelques éleveurs avec une préoccupation particulière pour la conservation de la race, pour des motifs culturels, peuvent néanmoins adhérer à un tel programme de conservation, qui devrait être principalement fondé sur des stratégies ex situ.

Mots clés : socio-économie ; Conservation ; Biodiversité ; Mouton Koundoum ; Niger ; Expériences de choix

Présentation (ORBI)

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Page publiée le 30 septembre 2017