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Université de Ouagadougou (1998)

Etude des populations de bruches et de leurs parasitoïdes dans un agrosystème sahélien au Burtkina Faso : mise en place de méthodes de lutte intégrée

Sou, Sibiri

Titre : Etude des populations de bruches et de leurs parasitoïdes dans un agrosystème sahélien au Burtkina Faso : mise en place de méthodes de lutte intégrée

Auteur : Sou, Sibiri

Etablissement de soutenance : Université de Ouagadougou

Grade : DOCTEUR DE TROISIEME CYCLE 1998

Résumé
Au Burkina Faso, les Coléoptères Bruchidae que sont Callosobruchus maculatus Fab. et Bruchidius atrolineatus Pic. constituent la principale contrainte à la conservation des graines de niébé, Vigna unguiculata Walp. Les adultes de ces bruches colonisent les cultures très tôt lorsque les plants de niébé sont à l’état végétatif. Les dissections des adultes capturés montrent que C. maculatus comme B. atrolineatus présentent une diapause reproductrice à cette période. Au fur et à mesure que les fleurs et les gousses apparaissent dans les champs, la plupart des adultes capturés ont des organes reproducteurs fonctionnels et présentent une activité sexuelle. B. atrolineatus, dont les effectifs représentent 68,22 % du total des bruches, est l’espèce la plus dominante dans les cultures. Les captures au filet fauchoir et les méthodes de piégeage ont permis d’identifier deux espèces d’Hyménoptères parasitoïdes larvaires à savoir Dinarmus basalis Rond. et Eupelmus vuilleti Crwf. Les adultes de ces parasitoïdes arrivent dans les cultures en même temps que les bruches. Ils ne présentent pas de diapause reproductrice, ni d’arrêt de la reproduction. L’examen des pontes de bruches sur les gousses a révélé que les femelles de C. maculatus déposent plus d’oeufs (80,85 et 75,68 % respectivement en culture pure et en culture associée) que celles de B. atrolineatus. Les pontes des deux espèces de bruches sont équivalentes dans les deux types de culture. Les taux de parasitisme des oeufs dus au parasitoïde oophage Uscana lariophaga Steff., de 24 à 39 %, sont plus élevés sur les oeufs de C. maculatus. Le suivi des émergences des insectes de première génération montre des taux de survie plus importants en culture associée qu’en culture pure de niébé. Les parasitoïdes larvaires émergent en petit nombre. A la récolte, les taux d’infestation initiale des graines sont inférieurs à 6 %. C’est à partir de ces faibles taux que se fera la contamination des stocks pendant la période de stockage du niébé en saison sèche. Les traitements insecticides des cultures à la deltaméthrine, un pyréthrinoïde de synthèse, n’ont pas permis d’empêcher la colonisation de ces cultures par les bruches. Les pontes des bruches sur les gousses vertes ne sont pas non plus perturbées par les pulvérisations chimiques. Trois pulvérisations sont indispensables pour réduire le nombre d’oeufs déposés sur les gousses mûres par les femelles de C. maculatus. Le parasitisme des oeufs de bruches par U lariophaga n’est pas influencé par ces traitements. Ces taux restent élevés dans tous les cas considérés. Ces résultats ne sont pas modifiés par le mode de culture. Les parasitoïdes larvaires quant à eux sont atteints par le produit chimique. Dans les structures de stockage, les traitements chimiques à la deltaméthrine précédant la récolte ont une influence faible sur l’accroissement des populations de bruches. Le parasitoïde oophage poursuit ses attaques dans les stocks pendant les deux premiers mois de conservation du niébé. Les taux d’attaque des oeufs de bruches ne sont pas réduits par les pulvérisations chimiques réalisées dans les cultures. Les essais de lutte biologique dans les systèmes de stockage pendant la saison sèche montrent que des introductions successives de D. basalis permettent une réduction des effectifs de C. maculatus de plus de 82 %. Au bout de cinq mois et demi de stockage, la perte en poids des graines est d’environ 15 %, alors que cette perte est d’environ 50 % si aucune mesure de protection des stocks n’est entreprise. L’introduction de densités croissantes d’adultes de D. basalis dans les stocks fait ressortir que des densités de 38, 75 et 150 couples de D. basalis (représentant respectivement une pression parasitaire initiale de 1 couple de parasitoïdes pour 20, 10 et 5 hôtes) réduisent l’accroissement des effectifs de bruches de plus de 80 % après quatre mois de stockage. La perte en poids des graines dans ces conditions est inférieure à 7 %. L’utilisation de feuilles vertes de Boscia senegalensis Lam., un arbuste reconnu comme ayant des propriétés insecticides, montre que les substances actives, des isothiocyanates, de cette plante ont une action négative limitée sur les parasitoïdes. Les populations de C. maculatus ne sont pas très affectées par les substances toxiques d’origine végétale. Après cinq mois de stockage, la réduction des effectifs de bruches n’est que de 30,6 % dans les lots où on a utilisé uniquement les feuilles de B. senegalensis. La perte en poids des graines dans ces lots est de 48,85 %. Par contre dans les lots où des adultes de D. basalis sont introduits en plus des feuilles de B. senegalensis ou non, la réduction des effectifs de C. maculatus varie de 70 à plus de 85 % et la perte en poids des graines varie de 4,68 à 8 %.

Mots clés : Burkina Faso, V unguiculata, C. maculatus, B. atrolineatus, D. basalis, E. vuilleti, U lariophaga, piégeage, diapause reproductrice, culture pure, culture associée, traitements insecticides, Deltaméthrine, gousses vertes, gousses mûres, lutte biologique, B. senegalensis, substances d’origine végétale.

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Page publiée le 13 décembre 2017