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Université de Ouagadougou (1997)

Contribution à l’étude du contrôle biologique des populations de Bruchidae ravageur des graines de niébé, Vigna unguiculata Walp, au cours de leur stockage au Burkina Faso

Sanon, Antoine

Titre : Contribution à l’étude du contrôle biologique des populations de Bruchidae ravageur des graines de niébé, Vigna unguiculata Walp, au cours de leur stockage au Burkina Faso

Auteur : Sanon, Antoine

Etablissement de soutenance : Université de Ouagadougou

Grade : DOCTEUR DE TROISIEME CYCLE 1997

Résumé
Ca/losobruchus maculatus est, en zone souda no-sahélienne, le Coléoptère Bruchidae qui cause les dégâts les plus importants dans les stocks de niébé, Vigna unguiculata Walp. C’est le développement de ses larves aux dépens des réserves contenues dans les cotylédons des graines qui est à l’origine des dégâts et des pertes que l’on observe. En vue de l’élaboration d’une méthode de lutte biologique contre ce ravageur, les potentialités d’accroissement de Dinarmus basalis (Pteromalidae) et de Eupelmus vuilleti (Eupelmidae), ectoparasites solitaires des larves et/ou nymphes de bruches ont été évaluées en conditions naturelles dans la zone subhumide de Bobo-Dioulasso, au Burkina Faso. Trois points fondamentaux ont servi de support à la réalisation de cette étude : (1) la recherche des facteurs influençant l’évolution des populations de bruches et de parasitoïdes au cours de la conservation des graines de niébé (2) l’analyse de la compétition interspécifique au cours du stockage des graines de niébé, de l’importance de la densité d’hôtes disponibles et de celle des parasitoïdes mêmes sur le résultat des interactions compétitives entre D. basalis et E. vuilleti (3) la conduite d’essais de lutte biologique à l’aide d’introductions régulières de parasitoïdes dans des systèmes de stockage proches de ceux utilisés par les paysans. Le suivi des paramètres démographiques de l’hôte (C. maculatus) et de ses parasitoïdes (D. basalis et E. vui/lefl) au cours de la saison sèche montre que les variations des facteurs climatiques jouent un rôle important sur la dynamique des populations desdits insectes. Au début de la saison sèche, les trois espèces ont des capacités d’accroissement limitées en raison des conditions thermiques relativement basses et du faible taux d’humidité relative de l’air prévalant à cette période de l’année. A partir du mois de Mars, l’augmentation des températures et dans une certaine mesure de l’humidité relative de l’air entraînent chez tous les insectes étudiés, une hausse de la capacité intrinsèque d’accroissement naturel (Rm). Les deux parasitoïdes présentent une réponse fonctionnelle et numérique densité dépendante, variant avec les conditions climatiques. Leurs capacités parasitaires sont réduites par la présence d’un nombre élevé de congénères dans le même patch’. Dans tous les cas, D. basalis possède les meilleures potentialités d’accroissement et les caractéristiques d’un bon agent de lutte biologique. L’analyse de l’évolution comparée des populations de D. basalis et de E. vuilleti en situation de compétition interspécifique montre que celle-ci se fait à l’avantage de E. vuiIJeti dans les conditions de stockage. Le résultat de la compétition interspécifique entre les deux parasitoïdes peut dépendre de la densité d’hôtes disponibles ainsi que de celle des parasitoïdes mêmes. Lorsque le nombre d’hôtes disponibles est faible, la compétition est plus intense et favorable à E. vuilleti quel que soit le nombre de femelles D. basalis présentes dans le patch. Lorsque le nombre d’hôtes est important, E. vuiIJeti n’est dominant que dans le cas où une femelle de chacun des deux parasitoïdes se trouve dans le patch. La présence de femelles supplémentaires D. basalis entraîne une meilleure exploitation des hôtes par celles-ci. Les essais de lutte biologique entrepris dans les systèmes de stockage font ressortir que des introductions régulières de D. basalis, même lorsque E. vuilleti est présent, permettent un bon contrôle des populations de C. maculatus. Après 6 à 7 mois de stockage, la réduction des effectifs de bruches est supérieure à 80 %, la perte en poidS des graines est maintenue à moins de 13 %. Ces résultats démontrent bien que D. basalis est un bon agent de lutte biologique et que son utilisation pour protéger les stocks de niébé en milieu paysan peut être envisagée. Les modalités de l’application effective de cette méthode de lutte par les producteurs restent à définir

Mots clés : V. unguiculata, C. macula/us, D. basalis, E. vuilleti, paramètres démographiques, réponse fonctionnelle et numérique, compétition interspécifique, lutte biologique, Burkina Faso

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Page publiée le 14 décembre 2017