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Université Polytechnique de Bobo-Dioulasso (2014)

Écologie des interactions Anopheles gambiae s.l.-Plasmodium falciparum et implications dans la transmission du paludisme.

Sangare, Ibrahim

Titre : Écologie des interactions Anopheles gambiae s.l.-Plasmodium falciparum et implications dans la transmission du paludisme.

Auteur : Sangare, Ibrahim

Etablissement de soutenance : Université Polytechnique de Bobo-Dioulasso

Grade : Docteur de l’Université Polytechnique de Bobo-Dioulasso en Parasitologie médicale 2014

Résumé
Le développement de Plasmodium est l’aboutissement d’interactions complexes avec l’hôte vertébré et l’hôte moustique, qui constituent l’environnement du parasite. Le transit et le développement du parasite dans le moustique est un parcours dangereux et difficile avec une perte parasitaire importante. Le parasite est soumis à une forte pression de sélection des enzymes digestives de l’hôte, des barrières physiques et surtout du système immunitaire. La connaissance des forces évolutives de l’infection à P. falciparum chez An. gambiae est instructive en termes de recherche fondamentale sur les interactions vecteurparasite mais aussi essentielle pour l’amélioration des stratégies de contrôle du paludisme par blocage du parasite chez le vecteur. Cette présente thèse avait pour objectif d’étudier les déterminants écologiques des interactions An. gambiae et P. falciparum dans la transmission du paludisme. Dans un premier temps, nous avons comparé la susceptibilité des 3 espèces majeures du complexe An. gambiae vis-à-vis de souches de terrain de P. falciparum d’une même aire géographique. Les moustiques ont été élevés dans des conditions identiques et nourris sur le sang du même porteur de gamétocytes en utilisant un système d’infection expérimentale. Anopheles coluzzii avait une forte charge en oocystes (21 ± 1,3) comparativement à An. gambiae (19,2 ± 1,7) et An. arabiensis (16,4 ± 1,4). Nous avons observé une corrélation positive entre la gamétocytémie, la taille du repas de sang sur la charge oocystique chez les 3 espèces de moustiques. Enfin, il y avait un effet négatif de la taille de moustique sur l’intensité de l’infection par les plus grosses femelles hébergeant nettement moins d’oocystes que les petites femelles indépendamment de l’espèce de moustique. Par contre, nous n’avons pas noté de différence significative en termes de prévalence de l’infection chez les 3 espèces de moustiques. Ni la gamétocytémie, ni la taille de l’aile n’ont eu un impact sur la prévalence de l’infection. L’analyse de la structuration génétique entre les oocystes au sein des 3 espèces en utilisant les marqueurs microsatellites n’a pas montré de différenciation génétique significative. Le nombre d’allèles par locus était compris entre 2 à 5 et l’hétérozygotie attendue entre 0,2491 et 0,3055. Le second volet de notre étude a consisté à déterminer le coût de l’infection et de la résistance à P. falciparum chez An. gambiae. Après avoir validé un contrôle négatif adapté, nous avons effectué des infections d’An. coluzzii par leurs parasites naturels, P. falciparum, en uti lisant un système de gorgement sur membrane sous différentes conditions nutritionnelles et climatiques. Plasmodium falciparum avait un impact négatif sur la survie et souvent sur la fécondité de son vecteur. L’effet de l’exposition ou de l’infection parasitaire était d’autant plus net en condition de stress. La notification d’un coût de l’infection pourrait avoir des implications cruciales dans la lutte contre le paludisme en mettant en évidence des « points faibles » des vecteurs du paludisme pour la mise au point des mesures de lutte antivectorielle ciblant spécifiquement les moustiques infectés.

Mots clés : Interactions Anopheles-Plasmodium, compétence vectorielle, coût de l’infection, valeur sélective, environnement

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Page publiée le 7 janvier 2018