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Institut International d’Ingénierie de l’Eau et de l’Environnement (2iE) 2017

Pollution environnementale par le cyanure et potentialités de la bio remédiation dans des zones d’extraction aurifère en Afrique Subsaharienne : cas du Burkina Faso

RAZANAMAHANDRY Lovasoa Christine

Titre : Pollution environnementale par le cyanure et potentialités de la bio remédiation dans des zones d’extraction aurifère en Afrique Subsaharienne : cas du Burkina Faso

Auteur : RAZANAMAHANDRY Lovasoa Christine

Etablissement de soutenance : Institut International d’Ingénierie de l’Eau et de l’Environnement (2iE)

Grade : DOCTEUR EN SCIENCE ET TECHNOLOGIE DE L’EAU, DE L’ENERGIE ET DE L’ENVIRONNEMENT 2017

Résumé
L’extraction artisanale d’or au Burkina Faso a contribué au développement économique et social du pays malgré ses caractères illégaux. Cependant, les techniques rudimentaires des activités de l’orpaillage génèrent une dégradation considérable de l’environnement à travers des pratiques inappropriées et l’utilisation de divers produits chimiques parmi lesquels le cyanure. Actuellement, le niveau réel de la contamination en cyanure reste méconnu. Une recherche dans ce cadre a été initiée au niveau des sites d’orpaillages de Zougnazagmiline et de Galgouli qui se trouvent respectivement dans la partie Nord et Sud du Burkina Faso. L’objectif de cette recherche est de contribuer à une exploitation aurifère responsable pour la protection contre les effets néfastes du cyanure sur l’environnement et sur la santé humaine. L’état actuel de la pollution en cyanure a été étudié et suivi en dosant les cyanures libre (CNL) et total (CNT) présents dans des échantillons d’eaux et de sols. Les ressources en eaux et sols dans les deux sites d’orpaillage sont contaminées avec des concentrations dépassant jusqu’à 40 fois la valeur guide de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) appliquée au Burkina Faso, qui est de 70 |ig L"1 pour le cyanure libre dans l’eau de boisson, 0,5 mg Kg"1 pour le cyanure libre dans le sol agricole. L’étude de la dynamique a montré que le cyanure est très mobile durant la saison sèche (SS) et la saison pluvieuse (SP). En plus de l’endroit source de la pollution constitué de la zone de cyanuration, il se retrouve également dans des zones éloignées tels que l’exutoire du bassin versant, la zone de fonçage et s’infiltre jusqu’à une dizaine de mètre de profondeur du sol. En effet le type de sol et sa conductivité influent la distribution spatiale du cyanure. Cette contamination a été modélisée à l’aide d’une carte de risque en tenant compte des facteurs environnementaux. Cette carte forme les zones cibles pour une possible application de la bioremédiation. Mais avant d’appliquer sur le terrain cette technologie, des Bactéries locales Dégradeurs de Cyanure (BDC) ont été isolées à l’échelle de laboratoire suite à des ensemencements des échantillons pollués dans un milieu sélectif. Le consortium des bactéries indigènes isolé des deux sites d’orpaillage a la capacité de dégrader les cyanures à l’échelle de laboratoire avec un taux d’abattement de 99 % pendant 24 h pour le cyanure libre (CNL) et pendant 120 h pour le cyanure total (CNT). Cette biodégradation a été associée à une production d’ammonium (NH4+). La potentialité de ce consortium des bactéries utilisé est caractérisée par leur capacité de se développer dans des conditions variées de pH (neutre, acide et base) en présence ou non des nutriments à part les cyanures. Par ces caractéristiques, ce consortium des bactéries pourrait s’adapter facilement au niveau de l’environnement pour son application future dans la décontamination des eaux et de sol pollués par le cyanure dont son degré de pollution sera facilement prédit pour les années avenir à partir du modèle établi. De plus, des nouvelles espèces indigènes capables de dégrader le cyanure ont été identifiées dans ce consortium tel que l’espèce Providencia sp. Strain BAB-6345, Providencia stuartii Strain Bp-40 et l’espèce Citrobacter sedlakii strain D5.

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Page publiée le 14 septembre 2018