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Université d’Abomey-Calavi (2014)

Etude des flux d’évapotranspiration en climat soudanien : comportement comparé de deux couverts végétaux au Bénin

Mamadou, Ossénatou

Titre : Etude des flux d’évapotranspiration en climat soudanien : comportement comparé de deux couverts végétaux au Bénin

Evapotranspiration fluxes in sudanian climate : behavior of two contrasted vegetation covers in Benin

Auteur : Mamadou, Ossénatou

Université de soutenance : Université d’Abomey-Calavi co tutelle Université de Grenoble

Grade : Doctorat : Océan, Atmosphère, Hydrologie : Université d’Abomey-Calavi (Bénin) : 2014

Résumé
L’impact des modifications climatiques et de l’augmentation de la démographie sur le cycle de l’eau et de l’énergie dans la région ouest africaine passe par la quantification des échanges entre les différents couverts de la surface continentale et l’atmosphère. Toutefois, la compréhension du rôle des interactions entre la surface et l’atmosphère dans la dynamique de la mousson ouest africaine est limitée par le manque d’observations dans cette région. Cette thèse porte sur l’étude des flux turbulents, en particulier l’évapotranspiration réelle, en climat soudanien. Les deux couverts étudiés sont une forêt claire (site de Bellefoungou) et une mosaïque de culture/jachère (site de Nalohou), situés dans la région du Nord – Bénin. On dispose de quatre années de mesures (2007 à 2010). Les sites d’étude font partie de l’observatoire hydro – météorologique AMMA – CATCH.Les données de flux turbulents de l’atmosphère ont été mesurées avec la technique d’eddy covariance. La partition énergétique des flux a été examinée à travers la fraction évaporative (EF) et le rapport de Bowen (β) aux échelles diurne, saisonnière et inter-annuelle. Des caractéristiques de surface (conductance de surface et aérodynamique) et le coefficient de découplage ont été calculés pour interpréter la dynamique de l’évapotranspiration réelle.L’analyse des résultats est basée sur un découpage du cycle saisonnier suivant quatre phases du cycle de la mousson : la saison sèche, la saison humide, les phases d’humidification et d’assèchement de l’atmosphère. Aux échelles diurne et saisonnière, on montre que le taux d’évapotranspiration réelle de la forêt est toujours supérieur à celui de la mosaïque de culture/jachère quelle que soit la saison. L’évapotranspiration réelle demeure non nulle en saison sèche sur le site de Nalohou malgré les conditions de surface peu favorables à ce processus. En saison humide, après le saut de mousson, la partition énergétique des flux atteint un régime stationnaire avec une moyenne égale à 0,75 à Bellefoungou et 0,70 à Nalohou pour les 4 années étudiées. Le rapport de Bowen pris dans le même ordre est environ de 0,4 et 0,6 traduisant ainsi, en dépit des conditions humides, la part non négligeable du flux de chaleur sensible sur les deux couverts végétaux. La différence de rugosité entre les deux couverts végétaux entraîne une conductance aérodynamique nettement supérieure à Bellefoungou par rapport à Nalohou. On montre également que la végétation du site de Nalohou est plus efficace en transpiration pendant la saison humide que celle du site de Bellefoungou. A l’échelle inter-annuelle, on n’a pas pu mettre en évidence une relation entre flux de chaleur latente et pluviométrie pour les quatre années étudiées qui sont toutes des années excédentaires. Cependant nous avons observé que le rayonnement net explique la majeure partie de la variabilité inter-annuelle des flux turbulents.Enfin, nous avons également montré avec le coefficient de découplage que la surface soudanienne et l’atmosphère restent couplées toute l’année. Ce fonctionnement de l’interface surface – atmosphère reflète le rôle majeur que jouent les conditions de surface dans la variabilité saisonnière de l’évapotranspiration réelle. Les résultats issus de cette étude donnent une première estimation des flux de chaleur latente et de chaleur sensible sur une forêt claire et une mosaïque de culture/jachère en climat soudanien. Ils sont d’une importance capitale pour la paramétrisation et la validation des modèles de surface ainsi que pour la quantification robuste de la ressource en eau disponible en surface pour l’agriculture, principale activité génératrice de revenus des populations locales.

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Page publiée le 16 décembre 2018