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Université Montpellier, SupAgro (2017)

L’agriculture irriguée est-elle conciliable avec l’agroécologie ? Caractérisation multicritère des pratiques agricoles dans la plaine de Kairouan (Tunisie).

Akakpo Koladé

Titre : L’agriculture irriguée est-elle conciliable avec l’agroécologie ? Caractérisation multicritère des pratiques agricoles dans la plaine de Kairouan (Tunisie).

Auteur : Akakpo Koladé

Université : Université Montpellier, SupAgro

Discipline : Sciences de l’Eau

Sous la direction de : Sami Bouarfa et de Crystele Leauthaud.

Résumé
Le développement de l’irrigation est à la base d’une augmentation importante de la production agricole mondiale. En Tunisie, l’irrigation représente environ 6% de la SAU et contribue à hauteur de 20% à la production agricole nationale. L’amélioration de la gestion de la ressource en eau – d’autant plus dans le pourtour méditerranéen, où ces ressources sont limitées et inégalement réparties dans l’espace et dans le temps - est cruciale. L’évaluation de l’agriculture irriguée se fait souvent par la mesure de la performance avec un ensemble minimal d’indicateurs, comme la production agricole par unité de surface et l’efficience d’utilisation de l’eau. Ce n’est que récemment que la recherche sur l’irrigation a renoué avec des approches plus intégrées mettant le triptyque eau-alimentation-environnement au centre de l’analyse. Dans une telle perspective, la gestion de l’eau peut être analysée du point de vue des services économiques, sociaux et environnementaux. Ce changement de paradigme – encore rare lorsque l’on analyse spécifiquement les milieux irrigués – propose de passer d’un mode d’évaluation par la limitation des impacts à une réflexion sur les services rendus par ce milieu. Le continuum sol-plante est conçu comme une association multi-spécifique, des bioréacteurs vivants, et non plus seulement le réceptacle des facteurs de production tels que l’eau d’irrigation. Du point de vue environnemental, cette nouvelle perspective invite à réfléchir sur ces milieux en mobilisant les concepts de l’agroécologie, qui est ici comprise comme l’application des concepts de l’écologie à l’agriculture. Dans cette thèse, nous partons de trois hypothèses de base : 1/ l’apport supplémentaire d’eau par irrigation induit une modification des cycles biogéochimiques ; 2/ des pratiques agroécologiques – comme l’association d’espèces végétales complémentaires ; 3/ et une gestion sobre des apports d’intrants- peuvent renforcer positivement ces cycles. Les flux et transformations de l’azote ou les taux de séquestration en carbone du sol sont par exemple influencés directement (conditions d’humidité du sol) et indirectement (biomasse produite et répartition des racines) par l’irrigation. Cette dernière agit également sur d’autres facteurs biotiques (cultures et adventices, diversité biologique du sol, cycles biologiques des ravageurs, prédateurs, etc.). Parmi la diversité de pratiques agricoles existantes, lesquelles peuvent promouvoir des impacts environnementaux ‘positifs’ (biodiversité, etc.) de l’irrigation sur les processus écologiques d’un milieu méditerranéen ? Quelles sont les déterminants et conséquences de ces pratiques pour l’agriculteur ? Par ailleurs, en se libérant du facteur limitant principal, l’eau, l’agriculteur est amené à mieux gérer les autres facteurs de production. L’irrigation pourrait-elle être, dans ce contexte, un levier possible de valorisation des autres ressources naturelles limitantes ? Ces questions qui relèvent du domaine de l’agroécologie, ont été peu explorées en milieux irrigués, d’un point de vue intégré, comme le relève le séminaire récent de l’AFEID. Ainsi, dans un contexte de changement climatique et de dégradation rapide des ressources naturelles, existe-t-il ou sera-t-il possible de mettre en place / renforcer des pratiques plus durables de gestion des milieux irrigués tunisiens ? Et plus fondamentalement, dans quelle mesure l’irrigation peut-elle être un levier d’action possible pour favoriser les services rendus par ces milieux ?

En préparation depuis le : 01-10-2017

Source : Theses.fr

Page publiée le 12 septembre 2018