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Université de Liège (2018)

Reboisements de mangrove dans le delta du Saloum, Sénégal : Evaluation écologique et sociale

Bocquet, Evelyne

Titre : Reboisements de mangrove dans le delta du Saloum, Sénégal : Evaluation écologique et sociale

Auteur : Bocquet, Evelyne

Université de soutenance : Université de Liège

Grade : Master en bioingénieur : gestion des forêts et des espaces naturels, à finalité spécialisée 2018

Résumé
Les mangroves se situent à l’étage intertidal le long des côtes tropicales et subtropicales (Komiyama et al., 2008 ; Lewis, 2005). Selon le rapport du Millenium Ecosystem Assessment (2005), 35% de la superficie de mangrove a été perdue ces 20 dernières années. Les principales causes de cette alarmante diminution sont d’origine anthropique. Actuellement, une multitude de reboisements de mangrove sont menés à travers le monde, majoritairement par des ONG, en lien avec la population locale. Il s’agit de reboiser des palétuviers dans des zones de mangrove dégradées (ONG Bel Avenir, 2018 ; Océanium, n.d. ; Dikobè, 2018 ; ADG, 2013 ; Primavera et al., 2008). Le présent travail s’intéresse à une technique de régénération assistée consistant à planter les propagules produites par Rhizophora spp. (Bosire et al., 2005) dans le Delta du Saloum, au Sénégal. La mangrove y est fortement utilisée par la population et a été fortement impactée par les sécheresses des années 1970, la salinité excessive de l’eau ainsi que la coupe abusive des palétuviers (Cisse et al., 2004 ; Bouaita et al., 2017 ; Balla Dieye et al., 2013). Dans la région, les reboisements de mangrove ont débuté en 1998. L’évaluation du succès des plantations de Rhizophora spp. du village de Mbam via la mesure de paramètres environnementaux et écologiques a été réalisée. Il en ressort que différents paramètres, tels les limons, influencent de manière significative la survie et la croissance des reboisements en Rhizophora spp. . Par ailleurs, l’évaluation de la perception de la mangrove et de ses reboisements par la population du Delta du Saloum a été réalisée. Plusieurs constats ont été faits. Tout d’abord, les activités réalisées au sein de la mangrove sont réparties entre les genres. Par ailleurs, 85% des enquêtés participent aux reboisements de mangrove. Ces personnes ont plus tendance à pratiquer des activités principales en dehors de la mangrove (pêche élevage, commerce, …), avec toutefois une récolte de produits au sein de celles-ci. Le fait de pratiquer des activités principales au sein de la mangrove n’influence pas le degré de participation aux reboisements. De plus, la population adapte ses activités en fonction des ressources disponibles ou non dans le milieu en pratiquant davantage l’agriculture et l’élevage dans la zone terrestre où la mangrove est considérée comme dégradée. Le lien à la mangrove est très fort en zone insulaire. Finalement, les responsables au sein des villages ont plus tendance à préserver la mangrove que les autres, de par leur participation au reboisement de celle-ci et leur consommation moins élevée en bois vert qu’en bois mort. Un point important à relever est le besoin d’une concertation globale des acteurs de la mangrove afin de garantir une approche plus globale de la restauration de la mangrove dans le Delta du Saloum.

Mots clés : reboisement, mangrove, Rhizophora, population, Delta du Saloum

Présentation

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Page publiée le 30 novembre 2018