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Université de Liège (2018)

Analyse des pratiques phytosanitaires et des facteurs d’adoption de la gestion intégrée des nuisibles en production maraîchère en milieu urbain et périurbain au Burkina Faso : Cas de la ville de Ouagadougou

Nabie, Békouanan

Titre : Analyse des pratiques phytosanitaires et des facteurs d’adoption de la gestion intégrée des nuisibles en production maraîchère en milieu urbain et périurbain au Burkina Faso : Cas de la ville de Ouagadougou

Analysis of phytosanitary practices and factors for the adoption of integrated pest management in market gardening production in urban and peri-urban areas in Burkina Faso : the case of the city of Ouagadougou

Auteur : Nabie, Békouanan

Université de soutenance : Université de Liège

Grade : Master de spécialisation en production intégrée et préservation des ressources naturelles en milieu urbain et péri-urbain 2018

Résumé
En production maraîchère au Burkina Faso, les producteurs enregistrent des pertes importantes dues aux bioagresseurs. Pour minimiser ces pertes, ils font recours systématiquement aux pesticides de synthèse tout en ignorant les pratiques de gestion intégrée des nuisibles (GIN) tant vulgarisées par les différents projets et programmes de vulgarisation qui se sont succédés depuis les années 1980. Pourtant, les mauvaises utilisations des pesticides ne sont pas sans conséquences néfastes sur la santé et l’environnement. Pour comprendre davantage les tenants et les aboutissants du comportement des producteurs, cette étude s’est fixée pour objectifs d’analyser les pratiques phytosanitaires et d’identifier les facteurs qui influencent l’adoption des pratiques de gestion intégrée des nuisibles en production de tomate, de chou et de laitue dans la ville de Ouagadougou. Pour ce faire, une enquête a été conduite auprès de 117 producteurs échantillonnés sur trois sites de maraîchage par un tirage aléatoire simple basé sur les listes des maraîchers. Le modèle de régression LOGIT a été utilisé pour la détermination des facteurs affectant l’adoption des pratiques GIN telles que la rotation culturale, l’association de culture, l’arrachage des plantes malades, l’utilisation des variétés résistantes, des biopesticides, des extraits aqueux de plantes et des filets de couverture des pépinières. Les résultats montrent que pour le contrôle des bioagresseurs, les producteurs de tomate (100%), de chou (95,6%) et de laitue (98%) utilisent les pesticides de synthèse dont 49% sont non homologués par le CSP et près de 43% sont destinés à la protection du cotonnier. La majorité des producteurs utilisent les produits chimiques sans aucune protection adéquate (68%), ni respect des doses prescrites. Le nombre moyen de traitements phytosanitaires par cycle de production est de 12 ± 2,4 pour la tomate, 10,2 ± 3,5 pour le chou, et 3,2 ± 1,2 pour la laitue. Les producteurs ne maîtrisent pas les délais avant récolte car ils sont illettrés en majorité (80%). Néanmoins, le nombre moyen de jours observés après la dernière application des pesticides jusqu’à la récolte est de 16,5 ± 4 jours pour la tomate, 13,8 ± 5,2 jours pour le chou et 12,6 ± 5,2 jours pour la laitue. Les emballages vides des pesticides sont abandonnés sur le site par 82% des répondants. Le risque sanitaire et de pollution environnementale est donc élevé au regard de ces pratiques phytosanitaires. Cependant, les résultats montrent un faible niveau d’adoption des pratiques GIN excepté l’utilisation des variétés résistantes et la rotation culturale. Les biopesticides et les extraits de plantes (neem) sont très faiblement adoptés à cause de leur faible efficacité et leur faible disponibilité. L’adoption de la plupart des pratiques GIN est positivement influencée par la formation reçue en GIN, l’expérience en production maraîchère, le niveau d’instruction du producteur et Le mode de tenure foncière. Le contact avec un agent de vulgarisation, le sexe, la taille du ménage, le nombre d’actifs de l’exploitation et l’appartenance à une coopérative ou un groupement influencent très peu l’adoption des pratiques GIN. Au vu de ces résultats, la promotion des pratiques GIN en vue d’augmenter leur niveau d’adoption, passe indubitablement par un suivi rapproché et une formation des producteurs

Mots clés : Market gardening, Pests and diseases, Synthetic pesticides, IPM, LOGIT, Adoption, Ouagadougou, Burkina Faso

Présentation

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Page publiée le 1er décembre 2018