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Gembloux Agro-Bio Tech Université de Liège, Gembloux (2018)

Impact du partenariat public-privé pour la délégation de gestion du service de l’eau d’irrigation. « Cas du projet El Guerdane dans la région du Souss-Massa »

Maatala, Nassreddine

Titre : Impact du partenariat public-privé pour la délégation de gestion du service de l’eau d’irrigation. « Cas du projet El Guerdane dans la région du Souss-Massa »

Auteur : Maatala, Nassreddine

Université de soutenance : Gembloux Agro-Bio Tech Université de Liège, Gembloux

Grade : Docteur en Sciences agronomiques et Ingénierie biologique 2018

Résumé _Au cours de la dernière décennie, le recours par le Maroc aux partenariats public-privé a connu un développement remarquable dans de nombreux secteurs d’activité notamment ceux des infrastructures, de l’agriculture, de l’énergie, des ports, du transport, etc. Ce mode de collaboration dans le secteur de l’irrigation a été lancé, pour la première fois au Maroc, en 2005 et concernait le projet El Guerdane dans la région du Souss-Massa. La mise en service dudit projet date de 2009. L’irrigation de ce périmètre reposait essentiellement sur le pompage à partir de la nappe. Par conséquent, l’importance des prélèvements en eau, devant la rareté des apports, a conduit à une baisse continue du niveau de la nappe (1,5 à 2 m/an). A ce rythme, l’avenir de 10 000 ha d’agrumes se trouvait menacé à moyen et à long terme. C’est ainsi que l’idée de sauvegarde de ce secteur a été initiée par l’Etat. Ce projet de sauvegarde de la zone agrumicole d’El Guerdane consiste en un transfert d’un volume annuel d’eau de 45 millions de m3 à partir du complexe de barrages Aoulouz-Chakoukane au profit de 10 000 ha de plantations dans la zone du projet. Le coût de ce projet s’élevait à plus de 980 MDH. Depuis la mise en service du projet El Guerdane, l’Etat continue à lancer d’autres projets dans le cadre de ce programme de partenariat sans aucune évaluation des projets achevés afin de capitaliser sur les expériences et apporter des mesures correctives dans le cadre du même programme, ou, le cas échéant, opter pour d’autres modes de partenariat. Dans le présent travail, nous nous sommes intéressés à plusieurs aspects pour évaluer l’impact de ce programme de partenariat public-privé. Ces aspects concernent la valorisation financière et agronomique de l’eau d’irrigation, la marge nette des agriculteurs, l’efficacité technique des exploitations agricoles ainsi que l’efficacité technique et économique de l’utilisation de l’eau d’irrigation. Afin d’analyser fidèlement l’impact du projet sur les aspects cités, nous étions dans l’obligation de choisir et définir un périmètre témoin ne bénéficiant pas de ce programme (le périmètre Issen) et d’utiliser une méthode d’échantillonnage très précise afin de contourner l’effet des facteurs exogènes sur les résultats (la méthode d’appariement par score de propension). La méthode d’échantillonnage est effectuée à l’aide des logiciels R.3.1.0 et SPSS 23 et l’évaluation d’impact est réalisée par la méthode de double différence. Aussi, nous nous sommes intéressés dans le présent travail à un aspect qualitatif relatif à la régulation du projet El Guerdane réalisé sous forme de partenariat public-privé grâce aux entretiens effectués avec les différents acteurs de ce projet (usagers, partenaire privé, Etat, Office Régional de Mise en Valeur Agricole, etc.). L’estimation des scores des différents types d’efficacité est effectuée par le logiciel FRONTIER 4.1 en choisissant un modèle paramétrique stochastique et en utilisant une forme fonctionnelle Translog. L’analyse des déterminants de la valorisation de l’eau d’irrigation est effectuée en utilisant un modèle de régression ordinaire par le logiciel GRETL , tandis que l’analyse des déterminants des scores des efficacités est effectuée par un modèle Tobit en utilisant le même logiciel dans le but de prendre en considération le critère tronqué de la variable dépendante. L’enquête du terrain a concerné 130 agrumiculteurs dans les deux périmètres étudiés. La valorisation financière est passée, pour le périmètre El Guerdane d’un niveau négatif en 2009 estimé à -0, 637 Dh/m3 à un niveau positif de 2,19 Dh/m3 en 2016. Pour la valorisation agronomique, on constate aussi que son niveau a connu une amélioration dans le périmètre El Guerdane en passant de 2,59 Kg/m3 en 2009 à 3,65 Kg/m3 en 2016. En 2009, le tarif de l’eau et la taille des exploitations sont corrélés positivement avec le niveau de la valorisation de l’eau d’irrigation, tandis que la participation au programme de partenariat public-privé est corrélée négativement avec cet aspect. Pour l’année 2016 seule la taille des exploitations impacte la valorisation de l’eau d’irrigation dans les deux périmètres. Ce programme de collaboration a pu améliorer la valorisation financière de l’eau d’irrigation de 2,1 Dh/m3, la valorisation agronomique de 1,05 Kg/m3 et la marge nette de 10 902 Dh/ha. L’efficacité technique des exploitations est affectée uniquement par leurs superficies aussi bien en 2009 qu’en 2016. L’efficacité technique de l’utilisation de l’eau d’irrigation est impactée positivement par la taille des exploitations et négativement par le programme de partenariat public-privé en 2009 et elle est corrélée négativement avec le tarif de l’eau en 2016. Concernant l’efficacité économique de l’utilisation de l’eau d’irrigation, en 2009 elle est corrélée négativement avec la participation au programme de partenariat public-privé et en 2016 elle est impactée négativement par le tarif de l’eau et positivement par le programme de partenariat. Le suivi du projet montre qu’au cours des années de son exploitation, tous les indicateurs continuent leur évolution croissante ; certains ont même atteint un niveau record, notamment les volumes prélevés et distribués aux usagers. Malgré l’impact négatif du programme de partenariat public-privé sur plusieurs aspects soit en 2009 ou en 2016, le coût social du projet El Guerdane reste une composante non négligeable pouvant justifier le recours à ce mode de collaboration. Par conséquent, le recours à ce mode de gestion pour le service de l’eau d’irrigation sera plus pertinent si l’aspect de l’encadrement technique des bénéficiaires est pris en charge par le partenaire privé.

Mots clés : Partenariat public-privé ; Valorisation de l’eau ; Efficacité de l’utilisation de l’eau ; Evaluation d’impact ; Régulation

Présentation (ORBI)

Version intégrale (38 ,9 Mb)

Page publiée le 30 novembre 2018