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Université Laval (2019)

Orpaillage artisanal et développement rural (Burkina Faso)

Ouedraogo, Lala

Titre : Orpaillage artisanal et développement rural (Burkina Faso)

Auteur : Ouedraogo, Lala

Université de soutenance : Université Laval

Grade : Doctorat 2019

Résumé
Cette thèse est composée principalement de trois chapitres abordant des questions sur l’orpaillage artisanal au Burkina Faso. Avant d’exposer ces trois chapitres, dans l’introduction, nous décrivons d’abord le contexte socio-économique et le contexte legal du secteur miner du pays ; ensuite nous revenons sur la revue de littérature relative à la question de l’orpaillage notamment les impacts positifs comme les possibilité d’emplois et les impacts négatifs comme les problèmes sanitaires et de sécurité ; les autres questions dont la relation entre agriculture et extraction artisanale, la durabilité de l’orpaillage et la responsabilité sociale des entreprises minières, la gouvernance locale des sites ; et enfin les différents cadres conceptuels mobilisés pour les trois thématiques à savoir le cadre d’analyse du développement institutionnel, celui des moyens d’existence durables et celui de l’« empowerment » pour étudier plus spécifiquement le rôle des femmes sur les sites d’orpaillage. Dans le premier chapitre, La gouvernance locale et l’organisation du travail sur les sites miniers du Burkina Faso, nous nous basons sur le cadre d’analyse du développement institutionnel pour discuter de la gouvernance locale et de la division du travail dans les camps d’extraction aurifère artisanale au Bukina Faso ; un pays d’Afrique de l’Ouest qui, ces dernières années, exploite de plus en plus ses réserves d’or. Les données de terrain ont été recueillies sur trois sites dans les villages de Diosso, Siguinoguin et Zincko, conformément à l’échantillonnage raisonné. L’une des découvertes majeures tirées de la recherche sur site est que les formes de gouvernance varient le long d’un continuum allant de flexibles (appliqués par des puissances conjointes : syndicat des mineurs artisanaux, autorités coutumières et propriétaires fonciers) à rigides (appliqués par les propriétaires fonciers). Une autre conclusion est que le type de relation entre les communautés autochtones et les mineurs dépend de l’importance de l’autochtonie des mineurs artisanaux. En effet ils sont harmonieux à Zincko où les mineurs sont originaires du village alors qu’ils sont tendus à Siguinoguin qui est peuplée de migrants. Finalement, cet article s’appuie sur l’école française de proximité pour enrichir les définitions données aux attributs du monde physique et aux attributs de la communauté mis en évidence par la théorie d’Ostrom, la proximité géographique ne permettant pas de détailler les formes de proximité relationnelle organisées dans les camps miniers. Dans le deuxième chapitre, Interaction dynamique entre agriculture et orpaillage, nous proposons iii une compréhension de la relation dynamique entre l’agriculture de subsistance et l’exploitation minière artisanale, en s’appuyant sur des preuves provenant de communautés minières artisanales des villages de Diosso, Siguinoguin et Zincko situés au Burkina Faso. La recherche montre que les communautés rurales sont confrontées à de nombreuses vulnérabilités telles que le manque de pluie et les catastrophes naturelles et l’insecurité grandissante au Nord. Ces vulnérabilités les obligent à poursuivre l’extraction artisanale comme autre moyen d’existence. Notre étude a montré qu’en fait il existe une interaction dynamique entre ces deux activités. D’un coté l’agriculture soutient l’orpaillage en offrant aux fermiers les revenus nécéssaires pour s’engager dans l’activitité comme se payer le transport de leurs villages respectifs vers les camps miniers ; et d’autre part l’orpaillage soutient de manière considérable l’agriculture notamment soutenir les familles pendant les périodes de soudure de la saison sèche et contribuer à l’achat des intrants. Bien que cette interaction semble être bénéfique, les entrevues auprès des jeunes nous a fait découvrir un réel problème pour la succession agricole qui s’est habituée à la nouvelle vie moderne qu’il pouvait s’offir via l’orpaillage. Ainsi, elle développe des stratégies d’adaptation qui l’éloigne des activités agricoles et entraînent des moyens de subsistance non durables à long terme. Dans le troisième chapitre, Obtenir l’« empowerment » dans un monde d’hommes, nous examinons l’autonomisation économique et sociale des femmes grâce à l’exploitation minière artisanale au Burkina Faso. Nous avons mené des entretiens individuels et des groupes de discussion sur trois camps miniers. Ces entretiens ont fourni des informations sur les différents rôles joués par les femmes dans les camps d’exploitation minière, leur accès aux ressources nécessaires et le pouvoir collectif qui s’est développé entre elles tout en travaillant les unes avec les autres dans les camps miniers. En général, les femmes rapportent qu’elles s’engagent dans l’exploitation minière artisanale pour des raisons financières précaires et la pauvreté agricole. Nos résultats indiquent que l’accès aux ressources dépend des positions, des investissements initiaux et de la situation matrimoniale des femmes. Nous avons constaté que seules les propriétaires de puits et les propriétaires de hangards atteignent facilement une plus forte autonomie économique et sociale en améliorant de manière générale leur niveau de vie. En ce qui concerne les « vanneuses », même s’ils améliorent leur estime de soi, leurs revenus restent faibles pour assurer une autonomie économique durable.

Présentation

Version intégrale (7,5 Mb)

Page publiée le 10 octobre 2019