Informations et ressources scientifiques
sur le développement des zones arides et semi-arides

Accueil du site → Master → France → 2018 → Analyse de la chaîne de valeur de l’oléastre et son usage patrimonial

Institut Agronomique Méditerranéen de Montpellier - (IAMM-CIHEAM) 2018

Analyse de la chaîne de valeur de l’oléastre et son usage patrimonial

Adim I.S.

Titre : Analyse de la chaîne de valeur de l’oléastre et son usage patrimonial

Auteur : Adim I.S.

Etablissement de soutenance : Institut Agronomique Méditerranéen de Montpellier - (IAMM-CIHEAM)

Grade : Master of Science (MS) : Professionnel, 2018

Résumé
L’oléiculture est enracinée dans le régime alimentaire des pays méditerranéens (diète méditerranéenne). En marge des études réalisées sur les aspects morphologique, botanique, archéologique ou ethnoécologique qui permettent de comprendre le processus de domestication des formes spontanées et cultivées de l’olivier dans diverses régions du monde et de la Méditerranée (Bouby et Terral, 2016), nous nous intéressons essentiellement dans ce travail, au produit de la forme spontanée de l’olivier, appelée oléastre au nord du Maroc, particulièrement dans la région d’Ouezzane. Nous mobilisons le cadre d’analyse de la chaîne de valeur dans le but de parvenir à un diagramme organisationnel représentatif des acteurs et à une appréciation de la production de l’huile d’oléastre à travers les flux physiques et monétaires échangés. L’objectif est de représenter de façon visuelle chaque étape de la chaîne de valeur de l’huile d’oléastre, en abordant la création de valeur à travers le business model. Nous discuterons également des spécificités historiques qui contribuent à former l’authenticité du territoire des Jbella ainsi que de la particularité patrimoniale et de la place de l’oléastre compte tenu de son ancienneté dans le système de culture méditerranéen. En l’absence de statistiques et de données sur la forme spontanée de l’olivier, l’étude s’est appuyée principalement sur une exploration du terrain auprès d’acteurs impliqués dans la production des oléastres dans deux communes rurales de Sidi Redouane et Beni Kolla Er-rmyel de la région d’Ouezzane. Nous avons réalisé ces enquêtes en deux phases, entre février, mars et avril 2018. Les constats du terrain reflètent un état dégradé de cette ressource dû aux activités humaines (arrachage des pieds, vente du bois), qui touche de façon similaire les douars des communes étudiées. Les oléastres ont été et continuent à être exploités essentiellement de façon indirecte par le greffage. L’intensification des densités de plantation et l’installation de nouveaux vergers d’oliviers dans le cadre de la nouvelle politique agricole, ont été également réalisées au détriment des oléastres non transformés. Nous nous retrouvons alors avec seulement quelques pieds d’oléastres non greffés qui résistent, donnant lieu à de faibles flux de production et à une structuration aléatoire des acteurs. A cela s’ajoute une absence de spécialisation de leurs actions régies par une bonne marge d’informel au détriment d’une expansion de la production des oliviers à forte valeur ajoutée, au marché garanti. Les enquêtes révèlent un attachement des paysans à l’huile d’oléastre qui est, pour eux, distincte de l’huile d’olive des variétés hybrides. Ils la considèrent ainsi comme la base et l’origine de l’olivier, détenant un caractère symbolique, procurant paix et bénédiction. Nous avons remarqué un ensemble de pratiques anciennes et significatives qui montrent d’une part, que ces paysans maîtrisent des savoirs et des savoir-faire hérités de leurs ancêtres et d’autre part, que ces pratiques interagissent dans le temps et l’espace pour constituer la valeur patrimoniale et culturelle des oléastres.

Mots-clés : OLEICULTURE ; OLEA EUROPAEA ; PLANTE SAUVAGE ; FILIERE ; CHAINE DE VALEUR ; PATRIMOINE NATUREL ; PATRIMOINE CULTUREL ; MAROC

Présentation (CIHEAM-IAMM)

Page publiée le 8 octobre 2019