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Université Polytechnique de Bobo-Dioulasso (2017)

Écologie de la cochenille farineuse du manguier Rastrococcus invadens Williams (Homoptera : pseudococcidae) et recherche de moyens de lutte biologique contre cet insecte ravageur à l’ Ouest du Burkina Faso

Nebie, Karim

Titre : Écologie de la cochenille farineuse du manguier Rastrococcus invadens Williams (Homoptera : pseudococcidae) et recherche de moyens de lutte biologique contre cet insecte ravageur à l’ Ouest du Burkina Faso

Auteur : Nebie, Karim

Etablissement de soutenance : Université Polytechnique de Bobo-Dioulasso

Grade : DOCTORAT UNIQUE EN DEVELOPPEMENT RURAL Option : Systèmes de Production Végétale 2017

Résumé
La cochenille farineuse du manguier, Rastrococcus invadens Williams constitue l‟une des principales contraintes de production de la mangue à l‟Ouest du Burkina Faso. Ce travail avait pour objectif l‟étude de l‟écologie de ce ravageur et de rechercher des moyens de lutte biologique pour le contrôler. A cet effet, des prospections ont été réalisées dans la ville de Bobo-Dioulasso de janvier à mars 2014 afin d‟inventorier les espèces de cochenilles vivant en association avec R. invadens sur le manguier. Ensuite, 20 vergers de manguiers ont été prospectés dans les provinces de la Comoé, du Houet, du Kénédougou et de la Léraba pour inventorier les plantes hôtes du ravageur. Trois autres vergers de 18 manguiers ont été retenus sur les sites de Bérégadougou, Orodara et Toussiana pour inventorier les ennemis naturels de R. invadens. Ces vergers ont également servi à étudier la dynamique des populations des cochenilles et des parasitoïdes qui leurs sont associés. Enfin, une étude a été conduite au laboratoire pour évaluer l‟efficacité du biopesticide Metarhizium anisopliae sur les stades de développement de R. invadens ; ceci en comparaison avec le Chlorpyrifos-éthyl. Les résultats de ce travail ont révélé l‟existence de deux espèces de cochenilles indigènes vivant en association avec R. invadens sur le manguier. Il s‟agit de Ferrisia virgata et Icerya aegyptiaca qui présentent une faible densité (1 à 2%) par rapport à R. invadens (98 à 99%) sur les sites de Bérégadougou, Orodara et Toussiana. Les populations de R. invadens sont naturellement régulées par deux parasitoïdes primaires (Gyranusoidea tebygi et Anagyrus mangicola) sur ces trois sites. Elles sont hyperparasitées par Chartocerus hyalipennis, Marietta leopardina et Pachyneuron sp. Les parasitoïdes G. tebygi et A. mangicola étaient majoritairement présents (21 à 38%) sur le ravageur par rapport aux hyper parasitoïdes (6 à 25%). Un taux de parasitisme de 1 à 17% a été observé sur les populations de R. invadens. La dynamique des populations de R. invadens a présenté la même configuration que celle des parasitoïdes primaires qui lui sont associés ; la période d‟abondance de ces insectes survenait de mai à octobre au cours de la saison pluvieuse. Ferrisia virgata et I. aegyptiaca ont été respectivement abondantes de novembre à avril (saison sèche) et de mai à octobre (saison pluvieuse). Les facteurs abiotiques ont significativement influencé les fluctuations des populations de chaque espèce de cochenille. En plus du manguier, 40 autres espèces végétales appartenant à 24 familles ont été identifiées comme plantes hôtes de R. invadens. Mais ce sont les espèces végétales Vitex doniana, Khaya senegalensis, Musa sapientum, Passiflora sp., Vitellaria paradoxa, Citrus limon, C. tangelo et Tectona grandis qui ont été les plus infestées par le ravageur. Les doses 109 et 2.109 conidies/ml de M. anisopliae ont causé 98 à 100% de mortalité selon les stades de développement du ravageur. Aucune différence significative n‟a été observée entre ces doses et celle du Chlorpyriphos-éthyle. L‟ensemble de ces connaissances produites constitue une piste de solutions pour les acteurs de la filière mangue dans la gestion durable de la cochenille farineuse du manguier. Mais des investigations complémentaires portant sur la biologie de G. tebygi et de A. mangicola ainsi que l‟évaluation de l‟effet de M. anisopliae sur ces parasitoïdes sont nécessaires pour affiner une stratégie de lutte efficace contre R. invadens.

Mots clés : Cochenilles, Mangifera indica, Rastrococcus invadens, parasitoïdes, Metarhizium anisopliae, Burkina Faso

Version intégrale

Page publiée le 11 mars 2020